Rapport sur les faits saillants pour l'exercice de 2024 à 2025 : Inuit
Rapport sur les progrès réalisés pour lutter contre la violence envers les femmes, les filles et les personnes LGBTQI+ inuites.
Sur cette page
Introduction
En réponse au Rapport final et à l'appel à la justice 1.1 de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, le Plan d'action national pour les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones disparues et assassinées (Plan d'action national) a été publié le 3 juin 2021. La Voie fédérale concernant les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones disparues et assassinées (Voie fédérale) constitue l'apport du gouvernement fédéral au Plan d'action national et représente l'engagement du gouvernement du Canada à lutter contre la violence à l'égard des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQI+ autochtones. Le gouvernement fédéral reconnaît la nécessité de prendre des mesures d'urgence pour faire face à la crise des FFADA2E+ et d'adopter des approches fondées sur les distinctions et propres aux populations, car les familles, les survivantes, les femmes, les filles, les autochtones vivant en milieu urbain, les personnes 2ELGBTQI+, les Premières Nations, les Inuit et les Métis n'ont pas tous les mêmes besoins ou les mêmes priorités. Voilà pourquoi le rapport sur les faits saillants concernant les Inuit porte sur les progrès réalisés par le gouvernement fédéral en ce qui concerne les priorités et les besoins des Inuit, comme ils sont définis dans le Plan d'action national inuit sur les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQQIA+ inuites disparues et assassinées (non disponible en français) (Plan d'action national inuit), publié conjointement par l'Inuit Tapiriit Kanatami et Pauktuutit.
Dans son rapport final, l'Enquête nationale indique que les familles, les Aînés et les gardiens du savoir inuits ont souvent parlé de « ilagiinniq » – un mot inuktitut qui signifie « être une famille ». Il s'agit d'un concept qui a historiquement protégé les femmes, les filles et les personnes LGBTQI+ inuites de la violence dans les communautés rurales, éloignées et nordiques où elles vivaient. La perturbation du mode de vie inuit résultant du racisme structurel, de la réinstallation forcée, des pensionnats, de la prise en charge d'enfants par l'État et d'autres politiques coloniales a affaibli ou brisé les liens de parenté représentés par ilagiinniq. En conséquence, la culture, la langue et les traditions inuites en ont souffert, de nombreux Inuit ont été contraints de s'installer dans des centres urbains et, plus important encore, les femmes, les filles et les personnes LGBTQI+ inuites ont été extrêmement marginalisées et exposées à la violence.
La réparation des préjudices subis par les femmes, les filles et les personnes LGBTQI+ inuites et leurs communautés doit être un processus informé par les Inuit et soutenu par des ressources et des investissements fédéraux. Le rapport suivant, qui fait partie du rapport d'avancement sur la Voie fédérale 2024-2025, traite des initiatives de la Voie fédérale qui ont permis de donner suite aux priorités identifiées par l'Inuit Tapiirit Kanatami et Pauktuutit et de répondre aux appels à la justice propres aux Inuit.
Refuges, logement et infrastructures
Comme l'indique le Plan d'action national inuit, une crise du logement sévit dans l'Inuit Nunangat depuis plus de 50 ans, contribuant directement aux taux élevés de violence familiale et d'insécurité en matière de logement. Le manque de places dans les refuges n'a fait qu'aggraver ce problème, car de nombreuses femmes, filles et personnes LGBTQI+ inuites n'ont souvent nulle part où aller pour fuir la violence. En outre, l'écart en matière d'infrastructure entre l'Inuit Nunangat et le reste du Canada a rendu les services moins accessibles, a contribué à une augmentation considérable des coûts de la vie et a contraint de nombreux Inuit à s'installer dans des centres urbains, le plus souvent à une distance importante de leurs communautés et de l'Inuit Nunangat (patrie traditionnelle des Inuit). Le gouvernement fédéral reconnaît que le logement, les refuges et les infrastructures sont des besoins essentiels pour les communautés inuites, et qu'ils sont essentiels pour prévenir la violence à l'égard des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+ inuites et pour assurer leur sécurité.
Dans le cadre de l'initiative en matière de logement fondée sur les distinctions, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada continue de fournir des investissements directs aux gouvernements autochtones autonomes et signataires de traités modernes, y compris les organisations inuites établies en vertu d'un traité, les aidant à mettre en œuvre des programmes de logement autodéterminés fondés sur la stratégie de logement de l'Inuit Nunangat. Durant l'exercice de 2024 à 2025, le financement accordé aux organisations inuites établies en vertu d'un traité a permis de construire environ 60 nouveaux logements inuits et d'entreprendre la réparation de 40. En plus de permettre à court terme de remédier à l'insécurité du logement et d'améliorer les conditions de vie, cette initiative s'efforce de soutenir l'institutionnalisation du contrôle par les Inuit du développement de logements, faisant ainsi progresser la gouvernance fondée sur les distinctions et le renforcement des capacités et favorisant l'adoption de stratégies d'autodétermination à long terme en matière de logement.
La Stratégie nationale sur le logement (SNL) est un plan de plus de 10 ans doté de plus de 115 milliards de dollars, dirigé par Logement, Infrastructure et Collectivités Canada, et dont plusieurs programmes sont mis en œuvre par la Société canadienne d'hypothèques et de logement. La SNL vise à fournir des logements sûrs, abordables et durables à tous les Canadiens, y compris les Inuit. Ces investissements visent à combler les lacunes immédiates en matière de logement, ainsi qu'à soutenir des stratégies de logement autodéterminées à long terme, conformes à la gouvernance inuite.
La Stratégie sur le logement des autochtones en milieu urbain, rural et nordique (SLU) vise à réduire l'écart en matière de logement et à remédier aux disparités importantes en matière de conditions de logement entre les ménages autochtones et non autochtones dans les collectivités urbaines, rurales et nordiques. Complétant les approches existantes fondées sur les distinctions, cette stratégie vise à garantir que les partenaires autochtones, y compris les Inuit, bénéficient de solutions de logement ciblées, culturellement pertinentes et dirigées par des autochtones. Durant l'exercice de 2024 à 2025, dans le cadre de la SLU, le financement a été versé aux Inuit, par le biais d'une entente existante avec Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), directement aux organisations inuites signataires de traités, qui détermineront leurs propres plans et priorités en matière de logement. La SLU prévoit un financement sur 7 ans pour aider les personnes les plus démunies.
Également au cours de l'exercice de 2024 à 2025, le gouvernement a commencé à négocier une entente de service pour établir un Centre national du logement autochtone, qui visera à réduire les écarts et les besoins en matière de logement des peuples autochtones vivant dans les zones urbaines, rurales et nordiques.
L'initiative de maisons d'hébergement et de logements de transition pour les autochtones (IMHLTA), financée conjointement par la Société canadienne d'hypothèques et de logement et Services aux Autochtones Canada (SAC), a alloué des fonds pour soutenir la construction et l'exploitation de nouveaux refuges partout au Canada. En date l'exercice de 2024 à 2025, l'IMHLTA finance 18 projets avec des partenaires inuits. L'IMHLTA permet aux autochtones de gérer les systèmes d'hébergement, renforce les infrastructures de prévention de la violence gérées par les communautés et intègre des modèles de soins adaptés à la culture, ce qui représente un changement fondamental vers l'autodétermination et une meilleure surveillance inuite sur les décisions en matière de logement.
Le volet inuit du Fonds d'infrastructure des communautés autochtones (FICA) fournit des fonds d'infrastructure aux organisations inuites établies en vertu d'un traité dans le but de soutenir des projets d'infrastructure communautaire autodéterminés. Voici quelques exemples d'éléments financés dans le cadre de cette initiative :
- ateliers de réparation;
- centres communautaires polyvalents;
- complexes sportifs;
- arénas communautaires;
- terrains de jeux;
- centres de couture;
- refuges et foyers (pour les jeunes, les Aînés, et les femmes);
- projets d'énergie renouvelable;
- centres du patrimoine;
- garderies; infrastructure liée aux rennes;
- installations d'entreposage;
- projets d'aménagement du territoire.
En plus de fournir aux communautés des infrastructures de base à court terme, cette initiative transfère le contrôle du développement des infrastructures aux organismes de gouvernance inuits, en reflétant l'autodétermination dans la conception du programme et en établissant un modèle d'accès aux infrastructures à long terme, dirigé par les Inuit.
Vers un chez-soi vise à prévenir et à réduire l'itinérance en fournissant un soutien et un financement directement aux communautés en leur donnant la flexibilité nécessaire pour répondre aux défis et aux priorités locales par le biais d'une gamme d'interventions, y compris des programmes conçus pour répondre aux besoins des populations vulnérables (par exemple, les femmes et/ou les familles fuyant la violence, les peuples autochtones, les communautés 2ELGBTQI+). Sur les plus de 52 millions de dollars investis dans le volet fondée sur les distinctions de Vers un chez-soi, 8,3 millions de dollars sont des fonds spécifiques aux Inuit.
Sécurité économique
Selon le Plan d'action national inuit, l'insécurité financière peut souvent nuire à la sécurité physique des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+ inuites, car ces personnes n'ont pas les moyens de quitter des situations dangereuses. C'est particulièrement vrai dans l'Inuit Nunangat, où le coût de la vie est nettement plus élevé que dans le reste du pays. L'amélioration de la sécurité économique permettra également d'améliorer la santé et le bien-être des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+ inuites. L'insécurité économique peut avoir un certain nombre de conséquences négatives, notamment la précarité de l'emploi, l'itinérance, la toxicomanie, l'insécurité alimentaire et une mauvaise santé physique et mentale, qui sont autant de facteurs contribuant à la crise des FFADA2E+. Par conséquent, pour améliorer la sécurité, la santé et le bien-être des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+ inuites, il est important d'agir pour améliorer leur sécurité économique.
La collaboration avec les partenaires inuits s'est poursuivie pour appuyer la mise en œuvre du Programme de formation pour les compétences et l'emploi destiné aux autochtones d'Emploi et Développement social Canada. Le volet de financement destiné aux Inuit a élaboré conjointement des modalités qui cadrent avec les priorités des Inuit en matière de compétences, de formation et de soutien nécessaires à la poursuite et à l'atteinte de leurs objectifs de carrière à long terme, tout en réduisant les obstacles à la participation et à la participation au marché du travail.
La Stratégie d'emploi pour les jeunes inuits et des Premières Nations, mise en œuvre par SAC, fait partie de la Stratégie emploi et compétences jeunesse (SECJ) d'Emploi et Développement social Canada. Elle offre aux jeunes inuits et des Premières Nations âgés de 15 à 30 ans des occasions de développer des compétences essentielles, d'acquérir de l'expérience de travail et d'explorer des perspectives de carrière. En soutenant les parcours d'emploi dirigés par les Autochtones grâce à des investissements à long terme dans la prestation de services communautaires, la Stratégie d'emploi pour les jeunes inuits et des Premières Nations est mieux placée pour contribuer à la transformation du système global de soutien à l'emploi des jeunes. De plus, elle vise à réduire l'exclusion géographique et systémique, en particulier chez les jeunes des régions rurales, éloignées et bénéficiaires d'une aide au revenu, et à renforcer la participation économique des Autochtones au fil du temps.
Le Fonds des infrastructures alimentaires locales, coordonné par Agriculture et Agroalimentaire Canada, soutient des projets qui renforcent la sécurité alimentaire des communautés et augmentent la disponibilité et l'accessibilité d'aliments locaux, nutritifs et culturellement appropriés par le biais d'activités axées sur la production alimentaire pour les groupes en quête d'équité, en particulier les communautés autochtones et noires. Voici quelques exemples de projets inuits financés dans le cadre de cette initiative :
- le hameau de Taloyoak a reçu 20 000 $ pour rénover un hangar, construire 30 plates-bandes surélevées, acheter des outils de jardinage, installer un système d'éclairage solaire dans le hangar et un système d'irrigation, et planter des arbres et des arbustes;
- l'autorité scolaire du district d'Iqaluit a reçu 20 000 $ pour acquérir et expédier en toute sécurité un lave-vaisselle à convoyeur.
La Stratégie d'éducation postsecondaire (EPS) des Inuit, administrée par SAC, a été lancée en 2019. Il s'agit d'une initiative fondée sur les distinctions, élaborée en collaboration avec l'Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) et les 4 organismes inuits de revendications territoriales. Son objectif est de combler l'écart de réussite en matière d'éducation postsecondaire entre les Inuit et les Canadiens non autochtones grâce à un soutien stratégique régional et fondé sur les distinctions. Durant l'exercice de 2024 à 2025, 21,8 millions de dollars ont été alloués au soutien des frais d'études et de subsistance des étudiants inuits poursuivant des études postsecondaires, aux programmes non scolaires et aux services de soutien aux étudiants, à la mobilisation communautaire pour des activités axées sur les avantages de l'éducation postsecondaire, et à la coordination nationale de la dotation en personnel, de l'information et des infrastructures physiques nécessaires pour répondre aux besoins locaux et régionaux. La Stratégie reflète l'engagement du gouvernement envers une relation renouvelée avec les Inuit, une relation encadrée par les principes de réconciliation, notamment la reconnaissance des droits, le respect, la coopération, le partenariat et l'autodétermination. Cette approche transformationnelle comprend un soutien financier direct aux étudiants inuits, des programmes et services complémentaires et une capacité de gouvernance pour soutenir la prestation de services.
Préservation de la langue et de la culture
L'inuktut est la langue principale de la majorité des Inuit vivant dans l'Inuit Nunangat et constitue le fondement de la culture et de la société inuites. L'érosion de l'inuktut est une érosion de la culture inuite dans son ensemble, et efface un mode de vie qui a assuré la sécurité des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+ inuites pendant des millénaires. Le gouvernement fédéral reconnaît que l'importance de donner accès à la langue et à la culture aux Inuit — et que cela représente une barrière protectrice contre la violence — et qu'elles doivent être revitalisées, maintenues et promues.
Dans le cadre du Programme des langues autochtones, Patrimoine canadien aide les organisations inuites de revendications territoriales à élaborer et à mettre en œuvre des programmes et des services qui font progresser les priorités linguistiques que les Inuit ont déterminées eux-mêmes. Le Programme des langues autochtones remplace les demandes de propositions à court terme par des modèles de financement à long terme, fondés sur les distinctions, qui confèrent aux autochtones le contrôle de la revitalisation des langues. Chacune des 4 organisations inuites de revendications territoriales – le gouvernement du Nunatsiavut, la Société Makivvik, la Société régionale inuvialuite et Nunavut Tunngavik Inc. – est financée directement par des accords sur 5 ans qui soutiennent la mise en œuvre de stratégies pluriannuelles axées sur le renforcement et le maintien des langues inuites. À titre d'exemple de ce travail réalisé dans le cadre du Programme, le plan quinquennal de la Société Makivvik soutient des stratégies visant l'élaboration et la mise en œuvre de programmes et de services destinés aux Inuit du Nunavik, permettant ainsi aux Inuit de nouer leur propre partenariat et d'établir leur propre mécanisme de financement pour préserver, revitaliser, promouvoir et renforcer l'inuktitut. Dans le cadre de ce projet, la Société Makivvik finance l'Institut culturel Avataq pour qu'il établisse et gère un office de la langue inuktitute, lequel sera une institution centrale pour la mise en œuvre du rapport Illirijavut sur l'état de l'inuktitut au Nunavik.
La collaboration s'est également poursuivie dans le cadre du volet inuit de l'Initiative de transformation de l'apprentissage et de la garde des jeunes enfants autochtones (AGJEA), dirigée par Emploi et Développement social Canada. Les partenaires inuits de l'AGJEA dirigent des programmes intégrant l'inuktitut et d'autres langues inuites, ainsi que les valeurs, les priorités et la culture inuites dans l'éducation de la petite enfance. Un exemple d'un projet financé par cette initiative inclut la Société Makinnasuaqtiit pour les Nunavummiut ayant un handicap a reçu 656 861 $ du Fonds pour les projets d'amélioration de la qualité de l'AGJEA pour son projet d'amélioration de la qualité de l'apprentissage et de la garde des enfants inuits ayant un handicap au Nunavut. Ce financement soutient les efforts visant à :
- identifier les possibilités et les lacunes existantes pour les enfants ayant un handicap;
- impliquer activement les familles dans l'élaboration d'un système de garde d'enfants inclusif;
- élaborer des programmes d'études et des formations culturellement adaptés aux programmes inclusifs;
- mettre en œuvre un cadre d'assurance de la qualité et d'évaluation pour garantir que les programmes répondent efficacement aux besoins particuliers des enfants ayant un handicap du Nunavut.
Le Programme des centres éducatifs et culturels des Inuit de SAC aide les personnes et les communautés inuites à exprimer, préserver, développer et promouvoir leur patrimoine culturel tout en favorisant la sensibilisation interculturelle entre les communautés inuites et non inuites.
Santé et mieux-être
Selon le Plan d'action national inuit, le manque de services de santé de base dans l'Inuit Nunangat crée des obstacles à l'élimination des causes profondes de la violence à l'égard des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+ inuites. En raison des lacunes dans la prestation des services de santé, de nombreux Inuit sont contraints de se faire soigner dans les centres urbains. Qu'ils s'installent définitivement loin de leurs communautés, de leurs traditions, de leur langue et de leur culture, ou qu'ils entreprennent des voyages longs et coûteux, les Inuit doivent prendre des décisions personnelles difficiles pour répondre à leurs besoins fondamentaux en matière de soins de santé. Le gouvernement fédéral reconnaît que les Inuit doivent avoir accès à des services de santé accessibles et qu'ils bénéficieraient de services de santé culturellement adaptés dans leurs communautés.
SAC travaille en collaboration avec ses partenaires des Premières Nations, inuits et métis pour élaborer conjointement des dispositions législatives sur la santé des autochtones fondées sur les distinctions qui améliorent l'accès à des soins de santé de grande qualité et adaptés à la culture. Ces travaux reposent sur la reconnaissance du droit inhérent des peuples autochtones à l'autodétermination en matière de santé et de bien-être et soutiennent l'élaboration de cadres législatifs et stratégiques qui reflètent les droits, les perspectives et les priorités des autochtones. Le processus d'élaboration conjointe fait intervenir les organisations inuites de revendications territoriales, les Inuit en dehors de l'Inuit Nunangat et l'Inuit Tapiriit Kanatami. Durant l'exercice de 2024 à 2025, compte tenu des nombreux commentaires des partenaires autochtones, SAC a reçu l'autorisation de suivre des cheminements distincts fondés sur les distinctions afin d'élaborer des options législatives ou stratégiques avec les partenaires des Premières Nations, inuits et métis.
Par l'entremise du Fonds d'intégration des services de santé, SAC collabore avec les gouvernements provinciaux et territoriaux et des organisations des Premières Nations et des Inuit pour faire ce qui suit :
- améliorer l'accès des Premières Nations et des Inuit aux services de santé grâce à des initiatives de collaboration intergouvernementales;
- améliorer l'intégration au niveau des services des programmes et services de santé financés par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux pour les Premières Nations et les Inuit;
- adapter les programmes et les services de santé des gouvernements territoriaux ou provinciaux respectifs afin de mieux servir les Premières Nations et Inuit;
- intégrer les méthodes de guérison et pratiques culturelles traditionnelles des Premières Nations et des Inuit dans le système de santé;
- appuyer la collaboration des Premières Nations et des Inuit avec leurs partenaires dans la planification, la prestation et la gestion des programmes et des services de santé;
- renforcer la capacité des peuples autochtones à contrôler la conception, la prestation et la gestion des programmes et des services de santé.
Durant l'exercice de 2024 à 2025, le Fonds d'intégration des services de santé a continué à soutenir les projets en cours axés sur l'amélioration de l'intégration des systèmes de santé et la progression de la réconciliation dans le domaine de la santé.
Aqqusariaq, le Centre de rétablissement du Nunavut, est une initiative territoriale dirigée par le gouvernement du Nunavut et soutenue par SAC. Le Centre offre sur le territoire des services de traitement des dépendances et de guérison des traumatismes fondés sur les principes de l'Inuit Qaujimajatuqangit (IQ) – un système unifié de connaissances, de valeurs et de croyances inuites. Cette initiative a comme objectif d'offrir des services aux Nunavummiut dans un environnement qui tient compte de leur culture et de leur langue. Durant l'exercice de 2024 à 2025, SAC a contribué à la poursuite du développement d'Aqqusariaq, y compris la construction du Centre et la planification de programmes adaptés à la culture. La mobilisation des communautés inuites a permis d'intégrer les principes de l'IQ, la guérison axée sur la terre et les services en langue inuite dans le cadre opérationnel du Centre. Aqqusariaq représente un modèle qui démontre comment les soins liés aux dépendances et aux traumatismes peuvent être offerts au Nunavut. En intégrant la gouvernance, les connaissances et la langue inuites dans l'infrastructure de santé du territoire, l'initiative démontre comment les soins de santé peuvent exister dans un cadre fondé sur les droits, la culture et la communauté.
Le Fonds d'équité en santé autochtone, administré par SAC et RCAANC, est une initiative menée par des autochtones qui vise à améliorer l'accès à des services de santé équitables, de qualité et culturellement adaptés pour les Premières Nations, les Inuit et les Métis. Annoncée en 2023 comme un engagement de 2 milliards de dollars sur 10 ans, cette initiative reconnaît les disparités persistantes et systémiques en matière de santé auxquelles sont confrontés les peuples autochtones et le besoin urgent de solutions communautaires et fondées sur les distinctions. Durant l'exercice de 2024 à 2025, SAC et RCAANC ont travaillé en étroite collaboration avec des partenaires autochtones pour finaliser les ententes de financement et soutenir la mise en œuvre rapide des projets financés.
Conclusion
Comme l'ont clairement indiqué l'Enquête nationale et le Plan d'action national inuit, des siècles de colonialisme ont eu des répercussions négatives sur un mode de vie qui a historiquement assuré la sécurité des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+ inuites. L'insuffisance et l'inadéquation des logements, des infrastructures, des services de santé et des perspectives économiques ont poussé de nombreux Inuit à quitter leur Inuit Nunangat pour les centres urbains. La dispersion des communautés inuites a eu des répercussions sur la transmission de la langue et de la culture inuites. Des efforts visant à reconnaître et à respecter le mode de vie inuit sont nécessaires à sa revitalisation et à sa protection, car la culture inuite elle-même constitue une protection de la sécurité des femmes, des filles et des personnes LGBTQI+ inuites. Le gouvernement fédéral demeure résolu à prendre des mesures immédiates et à long terme pour répondre à la crise des FFADA2E+.