Épisode 3: Cassandra Woolever - La réappropriation culturelle par l'art métis | Nos voix, notre travail | Une série sur la réconciliation

Transcription de Épisode 3: Cassandra Woolever

Texte à l'écran :
Nos voix, notre travail
Conversations sur la communauté, les soins et les liens

Casandra Woolever, fondatrice de Métis Branded

Todd Lyons :
Atamiskātōwin! Bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Todd Lyons et je vous souhaite la bienvenue à « Nos voix, notre travail  : des conversations sur la communauté, les soins et les liens ». Dans chaque épisode, je m'entretiens avec des personnes des quatre coins du pays pour découvrir ce qu'elles font et comment leur travail contribue à l'histoire plus vaste de la réconciliation avec les peuples autochtones au Canada. Mon équipe et moi sommes à Ottawa, et nous souhaitons reconnaître que nous sommes réunis sur le territoire non cédé du peuple algonquin anishinaabeg.

Mon invitée aujourd'hui est Casandra Woolever, enseignante culturelle et créatrice de « capotes »*, de ceintures fléchées, de jupes à rubans et bien plus encore. Elle se joint à nous depuis Winnipeg.
Bienvenue, Casandra.

Casandra Woolever :
Merci de m'avoir invitée.

Texte à l'écran :
Todd Lyons
Services aux Autochtones Canada

Casandra Woolever
Fondatrice de Métis Branded, Manitoba

Todd Lyons :
Pour commencer, pourriez-vous nous parler un peu de votre parcours de reconnexion? Qu'est-ce qui vous a amenée à fonder Métis Branded et à vous réapproprier des pratiques culturelles par l'entremise des matériaux et de l'artisanat?

Casandra Woolever :
Oui, absolument. Je suis dans quarantaine et je n'ai découvert que j'étais Métisse qu'à l'université, lorsque j'avais 24 ans. En fait, je ne savais même pas vraiment ce qu'était un pensionnat. À l'école, on nous enseignait que c'était une école destinée aux enfants qui n'avaient pas accès à l'éducation. Alors, quand j'étais en troisième année, je me suis dit : « Hé, c'est vraiment formidable que le gouvernement du Canada finance tout ça. » Ce fut un immense choc lorsque je suis retournée à l'université comme étudiante adulte et que j'ai découvert, d'abord, cette réalité. Puis, ensuite, mon frère aîné, qui avait fait notre généalogie, m'a dit : « Hé, nous sommes Métis. » En y repensant, je me suis rendu compte qu'en grandissant, j'avais toujours été très attirée par la culture métisse, par exemple par le Festival du Voyageur. Je n'avais jamais compris pourquoi certaines choses m'attiraient autant ni pourquoi j'avais cette fibre créative. Quand je l'ai appris, j'ai commencé à en apprendre un peu plus, tranquillement. Honnêtement, je ne savais pas du tout par où commencer.

Puis, en 2015, j'ai eu mon fils, que j'ai nommé Hudson. C'est à sa naissance que j'ai réalisé que je devais l'élever dans cet environnement. Je ne voulais pas qu'il ne sache pas qu'il est Métis. C'est vraiment lui qui a donné le coup d'envoi à tout mon parcours. Je lui ai confectionné sa toute première capote. J'en avais toujours voulu une, mais personne n'en vendait, alors je ne savais pas où en acheter. Je ne connaissais pas encore toute sa signification, mais je suis allée dans une friperie, où j'ai acheté un manteau pour tout-petit qui lui faisait, ou lui ferait, et je l'ai entièrement décousu. J'ai étudié des patrons, puis j'ai acheté des couvertures de laine et je lui ai confectionné sa toute première capote.

À partir de ce moment-là, j'ai commencé à lire davantage et à explorer mon histoire. Je me suis aussi impliquée davantage dans la communauté. J'ai découvert à quelle section locale j'appartenais et que j'avais le droit de voter. C'était intéressant. Je me souviens de ma toute première rencontre de la section locale : j'étais assise là, levant timidement la main, en me demandant : « Est-ce que je peux? Est-ce que j'ai le droit? Ou est-ce qu'il y a une sorte de hiérarchie? » Ça a été une véritable révélation.

Puis ma fille est née, et je lui ai confectionné sa première capote. Les gens sont devenus complètement emballés, parce que beaucoup disaient : « On ne trouve personne qui fabrique des capotes. » Ils me voyaient avec mes tout-petits qui les portaient, et ils adoraient ça. C'est un peu comme ça que tout a commencé : « Je peux vous confectionner une capote sur mesure. Pas de problème. »

Ensuite, j'ai voulu en apprendre davantage sur les ceintures fléchées. J'ai donc consacré beaucoup de temps à faire des recherches à leur sujet. Puis, j'ai eu envie d'en fabriquer une pour mes enfants et pour ma famille. Alors, vous savez, je me suis mise à lire davantage. J'ai suivi un petit cours, j'ai compris la technique, puis les choses se sont faites naturellement. Une étape en entraînait une autre, puis encore une autre. Comme je fabriquais des capotes à un rythme incroyable, à l'époque où la Compagnie de la Baie d'Hudson existait encore, je voulais pouvoir les accompagner de ceintures fléchées, ou encore créer des ceintures assorties pour les familles. Il y a une autre entreprise dans cette ville, très populaire et très réputée, dont j'admire beaucoup le travail, mais ses ceintures sont produites en grande quantité. Si vous vouliez simplement en commander une ou deux pour votre famille, c'était très difficile d'en trouver, à moins de connaître quelqu'un qui en fabriquait. Et, vous savez, à moins d'être très actif dans les groupes Facebook et tout ce genre de réseaux, c'était vraiment compliqué.

J'ai donc investi dans un métier à tisser à pédale. C'était déjà toute une aventure, parce que je l'ai pratiquement laissé prendre la poussière pendant un an, sans que personne sache même que je l'avais. Puis, je me suis mise à tisser des ceintures fléchées. À partir de ce moment-là, j'ai commencé à essayer d'être plus à l'aise avec l'idée d'enseigner notre culture, parce que je l'enseignais déjà à mes enfants. Mais il y avait aussi toute une communauté autour de moi qui voulait apprendre, elle aussi. J'ai donc dû apprendre à me voir dans un rôle d'enseignante, même si je n'ai pas toujours l'impression d'en être une. La plupart du temps, j'ai plutôt l'impression d'être une démonstratrice.

Oui, acquérir la confiance nécessaire pour enseigner, et croire vraiment en mes capacités, m'a pris énormément de temps. Mais une fois cette étape franchie, j'ai commencé à offrir des ateliers à Pineridge Hollow avec mon amie Shauna Cody. J'y ai apporté mon métier à tisser et j'ai commencé à fabriquer la ceinture fléchée orange pour la Journée de la vérité et de la réconciliation. Puis, les enseignants ont commencé à affluer. Ils trouvaient cela extraordinaire, et c'est ce qui nous a menés là où nous en sommes aujourd'hui. Explorer notre culture, faire davantage de recherches, lire énormément et créer peu à peu ma propre communauté autour de tout cela m'ont vraiment renforcée dans mon propre parcours. Puis, quand je regarde mes enfants, je vois qu'ils sont complètement immergés dans la culture métisse. C'est un immense bonheur pour moi, parce que c'est moi qui ai dû ouvrir le chemin, mais ce sont eux qui profitent maintenant du jardin qui s'y trouve. Et ça, j'aime énormément cette image.

Todd Lyons :
C'est un immense cadeau de pouvoir leur transmettre, dès leur plus jeune âge, ce qu'il vous a fallu tant de temps à retrouver par vous-même. Vous avez aussi parlé de confiance et de plusieurs autres aspects. En repensant à tout ce parcours, lorsque vous regardez ce que vous saviez de vous-même quand vous étiez jeune, et ce que vous connaissiez alors de la culture métisse, comparativement à la personne que vous êtes aujourd'hui, qu'est-ce qui a vraiment changé pour vous?

Casandra Woolever :
Au début, développer cette confiance a été un lourd fardeau, surtout lorsque je me suis davantage investie dans cette démarche et que j'ai commencé à créer une communauté où je pouvais être une personne vers qui les gens pouvaient se tourner pour poser des questions, dans un espace sécuritaire.

C'était à peu près à l'époque de la COVID. À ce moment-là, j'étais sur TikTok — ouf! Je n'y suis plus aujourd'hui. J'ai quitté la plateforme, c'était un environnement difficile. Les gens portaient énormément de jugements. J'étais « trop blanche », alors je ne pouvais pas être Autochtone. Il fallait que je prouve mon identité autochtone. « Ah, c'est ton arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père? Alors tu es comme ces gens qui disent qu'ils descendent d'une princesse cherokee », et toutes sortes de commentaires du genre. C'était très blessant. Pendant très longtemps, ça m'a fait peur. Ça m'a vraiment fait peur. Je me suis mise à douter de moi-même, à remettre mon identité en question et à ne plus être fière de mes origines à cause de la façon dont les gens me traitaient, moi et d'autres personnes comme moi. Les gens venaient aussi me demander du soutien, et je leur disais : « Je suis dans le même bateau que vous. Je ne sais même plus quoi faire. Je suppose qu'il faut simplement passer par-dessus. »

Puis, un jour, je me suis dit : « Qui êtes-vous pour me dire qui je suis? Vous ne savez pas ce que j'ai vécu, ni le chemin que j'ai parcouru. »

Il n'y a pas si longtemps, vers 2020, j'ai commencé à souffrir d'une anxiété sociale très importante. Et, encore aujourd'hui, j'en souffre toujours. Mais dès que je me retrouve devant des enfants, tout change. Ils sont tellement indulgents. Ils sont bienveillants. Ils posent des questions. Je peux intéresser n'importe quel enfant devant mon métier à tisser. Certains sont fascinés par son fonctionnement mécanique, d'autres veulent comprendre la science qui se cache derrière, d'autres encore aiment le tissage lui-même. Beaucoup d'enfants de familles indiennes me racontent que leur grand-mère utilise un métier à tisser dans leur pays d'origine. Alors ils viennent me parler.

J'ai donc appris à avoir confiance en moi devant les enfants, beaucoup plus que devant les adultes. Je trouve que les adultes portent facilement des jugements et peuvent être très impolis. Un enfant pourrait me dire que je suis grosse, et je lui répondrais : « Tu as raison. » Puis je passerais à autre chose, parce que ce n'est qu'un enfant, n'est-ce pas? Il ira probablement se décrotter le nez un peu plus tard dans la journée. Ça ne me dérange pas.

Les enfants sont vraiment comme des éponges. Quand un sujet les intéresse, ils sont complètement captivés. Peu importe qu'il s'agisse de l'enfant turbulent ou du petit comique de la classe, ils finissent tous par se rassembler autour de mon métier à tisser et restent passionnés pendant toute ma présentation de 45 minutes.

Et j'adore ça. Au fond, ce sont eux qui m'ont aidée à bâtir ma confiance en moi, plus que toute autre chose.

J'ai déjà eu confiance en moi. À une certaine époque, je prenais la parole. Mais les réactions négatives qui ont suivi ont été très difficiles. Alors maintenant, je préfère rester là où je me sens le plus en sécurité et le plus à l'aise. Et cet endroit, c'est auprès des enfants. Et j'aime ça.

Todd Lyons :
J'ai entendu parler de vos projets de ceintures fléchées dans les écoles et les espaces communautaires. Selon vous, qu'apprennent les enfants et les jeunes lorsqu'ils participent au tissage ou qu'ils choisissent les couleurs de leur propre création?

Casandra Woolever :
C'est une excellente question. Certaines écoles choisissent simplement les couleurs de leur établissement, ce qui n'a rien de mauvais. Évidemment, ces couleurs ont une signification particulière pour leur école. Mais d'autres vont un peu plus loin et permettent aux élèves de réaliser un projet autour d'une couleur. Par exemple, dans l'une des dernières écoles où je suis allée, tout le monde avait choisi le violet parce que le grand toboggan de la cour d'école était violet et que tous les enfants avaient grandi en jouant dessus.

Dans une autre école, leur devise était « avec cœur ». Ils ont donc repris les lettres du mot « cœur » pour en faire une sorte d'acrostiche. Par exemple, le jaune représentait la joie, et chaque couleur était associée à une valeur qui faisait partie de leur devise.

J'ai trouvé cela magnifique, parce que les ceintures fléchées sont elles-mêmes de formidables porteuses d'histoires. Il existe tellement de types de ceintures, et apprendre à les lire est aussi très complexe. On ne sait pas nécessairement si le bleu représente l'eau ou s'il représente simplement la couleur préférée du tablier  de votre kokum. On ne le sait tout simplement pas.

Mais quand quelqu'un vous raconte cette histoire, on finit vraiment par respecter la signification de ses propres couleurs.

Mais oui, les enfants en retirent énormément. Ils découvrent la traite des fourrures. Ils apprennent à connaître ma famille et mes liens avec le Manitoba. Ils apprennent aussi que je n'ai jamais quitté cet endroit. Toute ma famille a toujours vécu à Winnipeg. Nous y sommes nés. Nous y sommes morts. Enfin, nous avons toujours été ici. J'imagine qu'on aime vraiment l'hiver! Je ne sais pas trop quoi dire d'autre, mais nous avons toujours été ici.

Puis, lorsque la dernière classe arrive et que je peux enfin détacher la ceinture du métier à tisser, les enfants la voient. Ils la touchent, ils l'admirent, ils l'aiment. Et je pense que ce qui les enthousiasme le plus, c'est de savoir qu'ils ont contribué à créer leur propre histoire et qu'ils peuvent ensuite l'exposer dans leur école.

Et puis, dans vingt ans, il y aura de nouveaux élèves dans cette école qui ne connaîtront pas cette histoire. Mais leurs parents viendront peut-être à leur tour. Ces enfants, devenus adultes, reviendront peut-être avec leurs propres enfants et diront : « J'ai participé à cette ceinture. Et ces couleurs représentaient ceci. »

C'est comme ça que les Métis transmettent leurs histoires, n'est-ce pas? De génération en génération. Je trouve donc extraordinaire d'être tombée un peu par hasard sur ce projet. Aujourd'hui, il a touché des milliers d'enfants, d'enseignants et de personnes qui connaissaient très peu la culture métisse ou les ceintures fléchées. Vous savez, beaucoup de gens se promènent au Festival du Voyageur en portant une ceinture fléchée sans vraiment savoir ce qu'elle représente. Alors, avoir la possibilité de leur transmettre cette connaissance dès leur plus jeune âge, et que les écoles m'ouvrent leurs portes pour le faire, c'est vraiment quelque chose de précieux. C'est vraiment très spécial.

Todd Lyons : On dirait que vous êtes en train de bâtir un véritable héritage, quelque chose dont vous pouvez être très fière. Des personnes sont-elles déjà venues vous raconter que le fait de porter un vêtement ou de confectionner un vêtement cérémoniel avait changé la façon dont elles se perçoivent ou dont elles voient leur identité?

Casandra Woolever :
Oui. J'ai eu quelques enseignants qui m'ont parlé du fait qu'ils étaient Métis et qu'eux aussi avaient vécu le même genre de crise identitaire. Ils étaient emballés à l'idée de créer leurs propres motifs et leurs propres couleurs pour la ceinture fléchée de leur famille. Et de réaliser qu'eux aussi pouvaient le faire.

Quand j'ai commencé à confectionner des jupes à rubans, je suis allée voir une Aînée de notre communauté et je lui ai demandé : « Est-ce qu'on a le droit d'en vendre? » Elle m'a répondu : « Je n'ai jamais vu une Métisse porter une jupe à rubans quand j'étais jeune. » Pourtant, elle est Métisse. Elle m'a dit : « Ma kokum portait toujours des tabliers. » J'ai trouvé ça vraiment mignon. Alors je lui ai confectionné un tablier. Puis, quelque temps plus tard, elle est revenue me voir et m'a dit : « Est-ce que tu pourrais me faire une jupe à rubans? »

Je me suis dit : « D'accord, alors je me sens à l'aise avec ça. » Parce que je ne produis pas des jupes à rubans en série, ni des ceintures fléchées, ni quoi que ce soit du genre. Ce que je fais surtout, c'est aller dans les écoles pour offrir des activités. Puis, si quelqu'un vient me voir parce qu'il souhaite une pièce spéciale comme celle-là, on en discute vraiment ensemble. On parle de l'importance des couleurs. On parle de son histoire.

Une fois, une famille est venue me voir avec le chandail préféré de leur kokum. Elle était décédée, et nous avons repris les couleurs de ce chandail pour créer une ceinture fléchée destinée à sa famille. J'ai trouvé cela tellement touchant. J'ai donc fait une cérémonie de purification par la fumée avec le chandail, la ceinture, le métier à tisser, enfin avec tout. C'était une expérience presque cathartique pour la famille.

Et je pense qu'il est vraiment important de préserver ces histoires. Parce que la génération suivante entendra ses parents dire : « Cette personne, c'était... » Puis, lorsque vous regardez votre lignée familiale, cette personne est là, devant vous, et vous pouvez créer ce lien avec elle. Je pense donc qu'il est vraiment important que les gens s'autorisent à renouer avec leurs racines.

Todd Lyons : La réconciliation avec les peuples autochtones exigera les efforts de très, très nombreuses personnes, pendant de très, très nombreuses générations. Selon vous, comment l'expression culturelle, à travers le tissage des ceintures fléchées, les capotes et les jupes à rubans, contribue-t-elle à la réconciliation, tant pour les Métis que pour le Canada?

Casandra Woolever :
Wow. Alors, vous savez, nous sommes en partie—nous sommes en partie Européens, nous sommes en partie membres des Premières Nations—et il faut connaître nos origines des Premières Nations, n'est-ce pas?

Alors, le fait de porter des jupes à rubans et même de parler de choses comme les foulards de kokum, n'est-ce pas? Cela vient du côté ukrainien. C'étaient, en quelque sorte, des cadeaux de l'Ukraine, des femmes de là-bas. Notre bannock aussi est quelque chose que nous partageons.

Reconnaître l'origine des choses est donc toujours très intéressant pour moi, parce que beaucoup de gens veulent simplement apposer une étiquette sur ce qui nous appartient. Évidemment, les temps ont changé. Ce n'est plus la même vieille île de la Tortue qu'autrefois. Ce n'est plus, vous savez, l'époque de la rafle des années 1960. Nous avons le droit d'être fiers de nos origines. Mais notre culture s'est aussi en quelque sorte façonnée autour de cela, avec, je dirais, cette très forte poussée en 2020. Les gens avaient désespérément besoin de renouer avec leur culture, et j'étais l'une de ces personnes. Mais à ce moment-là, mon fils avait cinq ans et j'étais déjà engagée dans mon parcours. Je n'ai toutefois pas rendu ce parcours public avant de me sentir un peu plus solide.

Il est très important que les gens sachent d'où ils viennent. Il est très important qu'ils comprennent que, parfois, lorsqu'on porte une ceinture fléchée à un festival sans être Métis, qu'on enfile une capote et qu'on fait semblant d'être un voyageur, ce n'est pas un costume. Et nous devons respecter cela. Plus tôt nous pouvons intervenir auprès des enfants à ce moment-là et leur dire : « Écoutez, ce n'est pas un costume. Vous pouvez le porter. Vous pouvez respecter l'histoire qu'il raconte, mais vous devez connaître cette histoire. »

L'idée de la vérité et de la réconciliation, c'est que nous essayons de créer un environnement ouvert où nous pouvons grandir. Nous essayons de créer un environnement ouvert où nous pouvons nous sentir en sécurité. Nous essayons d'éviter la violence latérale, tout en essayant aussi d'éduquer les gens. Et lorsqu'on apprend et qu'on enseigne en même temps, on peut faire des erreurs. Les personnes qui nous entourent doivent aussi être capables de pardonner ces erreurs.

Je pense donc qu'il est vraiment important d'avoir davantage de conversations sur l'évolution de la vérité et de la réconciliation, parce que ce n'est pas seulement au gouvernement d'agir, n'est-ce pas? C'est aussi à nous tous. Par exemple, si quelqu'un que je connais découvrait qu'il est Métis, ce serait à cette personne de trouver son propre chemin. Personne ne viendra ouvrir un livre et lui expliquer toute son histoire. Il faut aussi faire ses propres recherches. Il faut creuser. Et malheureusement, on ne devrait pas avoir à le faire. Mais il le faut. Et ensuite, on se sentira plus à l'aise dans l'espace que l'on occupe.

C'est—c'est comme si vous étiez—vous étiez nu. Vous êtes à découvert devant le monde lorsque vous essayez de comprendre tout cela. Il faut simplement apprendre à avoir la peau dure et continuer d'avancer.

Alors oui, mon mon conseil, c'est simplement de ne jamais abandonner et de se pardonner à soi-même, parce que personne n'est parfait. Personne ne le sera jamais.

Todd Lyons :
Kinanaskomitin. Casandra, merci d'avoir partagé votre parcours et vos expériences, et merci d'avoir été avec moi aujourd'hui. À toutes les personnes qui nous écoutent et qui ont pris plaisir à cette conversation avec nous, kikīcinanāskomitināwāw. Merci. Je vous en suis profondément reconnaissant. À la prochaine.

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Conversations sur la communauté, les soins et les liens

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