Le rapport de la troisième réunion nationale autochtone-fédérale-provinciale-territoriale sur les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées les 29 et 30 janvier 2025
Sœurs par l'esprit
par Albert Dumont
Réconfortez-nous avec des sourires
Sur tous vos visages courageux
Et alors nous marcherons avec vous
Vers les lieux les plus guérisseurs
Là, nous vous offrirons
Nos offrandes
Une couverture si grandiose
À emporter avec vous
Dans le grand monde des esprits
Avec des plumes d'aigle et des chants
Nous vous rendons
L'honneur que vous méritez tant
Car toujours dans nos cœurs, vous êtes
Nos Sœurs par l'esprit
Table des matières
Résumé
La troisième réunion nationale autochtone-fédérale-provinciale-territoriale (AFPT) s'est tenue en format hybride les 29 et 30 janvier 2025, réunissant plus de 145 participantes et participants en personne à Ottawa et 188 en mode virtuel. Cette réunion visait à offrir aux partenaires autochtones ainsi qu'aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux un espace de dialogue ouvert et significatif sur la crise persistante des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées (FFADA2E+). Les discussions ont porté sur des domaines prioritaires clés visant à contribuer de manière significative à la mise en œuvre des Appels à la justice et à mettre fin à la violence envers les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
La réunion a été présidée lors des 2 journées par l'honorable Gary Anandasangaree (l'ancien ministre des Relations Couronne-Autochtones), Hilda Anderson-Pyrz (présidente du Cercle national des familles et des survivantes Inc.), et Tyler George (chef de la Nation Ochapowace et président du Conseil 2ELGBTQQIA+ de l'APN) en tant que coprésident jeunesse honoraire. De plus, l'honorable Lynne Chantal Boudreau (ministre du Nouveau-Brunswick responsable de l'Égalité des femmes) a coprésidé la première journée, et Sierra VanDerMeer (sous-ministre du Yukon, Direction de la condition féminine et de l'équité des genres) a coprésidé la deuxième journée. Comme l'année précédente, la réunion a été animée par 3 facilitatrices autochtones indépendantes : Wina Sioui (Première Nation), Crystal Martin (Inuk), et Angie Bear (Métis). Le conseiller spirituel Albert Dumont, la grand-mère Linda Boudreau Semaganis, l'aînée Sylvia Maracle et l'aîné David Serkoak étaient également présents.
Les discussions de la première journée ont porté sur les initiatives en matière de données concernant les personnes FFADA2E+, avec des présentations de Statistique Canada, du Centre national pour les personnes disparues et les restes non identifiés, et de Pauktuutit Inuit Women of Canada. Les participantes et participants ont souligné la nécessité d'une collecte de données cohérente et normalisée, de l'engagement communautaire, et de l'allocation de ressources adéquates à long terme. En après-midi, 3 séances simultanées ont abordé les sujets suivants :
- Unités de liaison pour l'information à l'intention des familles (ULIF) : Le ministère de la Justice a présenté le rôle des ULIF dans l'offre d'un soutien spécialisé aux familles des femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées.
- Efforts communautaires et gouvernementaux locaux et régionaux : Des représentantes et représentants de la stratégie « Mino'Ayaawag Ikwewag » du Manitoba et du Centre de résilience de la Nouvelle-Écosse ont mis l'accent sur l'autonomisation des femmes et des filles autochtones.
- Expériences et initiatives 2ELGBTQI+ : Wabanaki Two-Spirit Alliance et le Centre de traitement Poundmaker ont souligné le besoin d'espaces de guérison inclusifs et de financement de base pour les initiatives deux esprits.
Des présentations en plénière sur la traite de personnes ont également mis en lumière la Stratégie nationale de lutte contre la traite de personnes et les efforts dirigés par des organisations autochtones. Les participantes et participants ont insisté sur la nécessité de sensibiliser davantage le public, d'élargir l'accès à des services spécialisés ancrés dans les cultures autochtones, et d'assurer un financement durable pour les organisations autochtones.
La deuxième journée a débuté par des mises à jour sur le projet pilote Alerte robe rouge au Manitoba, mettant en valeur les approches communautaires et la nécessité d'un soutien fédéral, provincial et territorial. La discussion en plénière sur le leadership a souligné l'importance de la collaboration et reconnu que les hommes et les garçons ont un rôle essentiel à jouer en tant qu'alliés et défenseurs pour mettre fin à la violence envers les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones, ainsi que dans la mise en œuvre de soutiens à la guérison. L'importance d'approches holistiques et de services intégrés a également été mise en avant.
Les remarques de clôture ont souligné l'importance du temps, de la collaboration et de la nécessité d'un espace dédié pour discuter des FFADA2E+ et des Appels à la justice. Des remerciements ont été exprimés pour l'engagement des participantes et participants, accompagnés d'un appel fort à poursuivre les efforts de plaidoyer et à maintenir l'élan vers un changement transformateur.
Rapport principal
Mot d'ouverture
Avant le début de la réunion, le Cercle national des familles et des survivantes a organisé une cérémonie hybride pré-réunion qui a créé un espace empreint d'émotion pour permettre aux participantes et participants de se rassembler dans l'esprit et la communauté. La cérémonie a offert un moment significatif de réflexion commune, honorant notre responsabilité collective tout en établissant des intentions porteuses d'actions concrètes et percutantes.
Discours d'ouverture des aîné(e)s
La réunion a été ouverte par le conseiller spirituel Albert Dumont et la grand-mère Linda Boudreau Semaganis. Le conseiller spirituel Albert Dumont a commencé par une prière d'ouverture, suivie de paroles de sagesse de la grand-mère Linda Boudreau Semaganis, qui a partagé son expérience personnelle de la perte, exhortant les participantes et participants à se soutenir mutuellement et à travailler avec le cœur pour guérir eux-mêmes et leurs communautés.
Remarques de bienvenue
Le ministre Anandasangaree a mentionné la cérémonie pré-réunion, souhaité la bienvenue à ses collègues coprésident(e)s, et présenté le tout premier coprésident jeunesse, Tyler George. Il a également salué Martha Martin, la mère de Chantel Moore, la députée Gazan, ainsi que les responsables provinciaux et territoriaux. Le ministre Anandasangaree a souligné l'importance de la transparence et annoncé le lancement, le jour même, du nouvel outil de rapport en ligne pour les Appels à la justice. Il a insisté sur la nécessité d'agir davantage pour répondre à la crise persistante et sur l'importance que ce travail soit dirigé par les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
La ministre Boudreau a commencé en soulignant l'importance de travailler ensemble dans l'unité pour faire progresser les choses. Elle a remercié les personnes impliquées dans le travail de traduction, reconnaissant leur rôle essentiel dans la communication inclusive et respectueuse. L'importance de faire entendre les voix des femmes et des personnes autochtones a été mise en avant, avec un engagement à bâtir des ponts et à promouvoir la réconciliation. La ministre Boudreau a également exprimé sa gratitude pour l'opportunité de participer à la réunion et s'est engagée à collaborer avec les partenaires pour créer un avenir plus sûr et plus équitable. Elle a mentionné l'engagement du Nouveau-Brunswick envers diverses initiatives visant à améliorer la sécurité des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQI+ autochtones, dans le cadre du programme provincial « Tisser nos voix ensemble ». Elle a souligné l'importance de créer des programmes, des services et des solutions durables et transformateurs, et a noté la nécessité d'établir des liens solides fondés sur la collaboration et le respect mutuel.
Hilda Anderson-Pyrz a commencé en reconnaissant le paquet sacré, les grands-mères, les gardien(ne)s du savoir, ainsi que les membres de familles touchées et les survivantes présentes en personne et en ligne. Elle a insisté sur la nécessité de se concentrer sur la prévention et de mettre fin à la crise nationale des FFADA2E+. Elle a précisé que l'objectif de la réunion était de trouver des solutions concrètes à cette tragédie, et de faire entendre ces solutions par les défenseur(e)s et les gouvernements. Elle a exprimé un sentiment d'espoir et de gratitude pour l'existence d'une table de discussion dédiée aux FFADA2E+, ainsi que pour la responsabilité sacrée de changer les résultats et d'avoir un impact ressenti sur le terrain.
Le chef Tyler George a exprimé sa reconnaissance envers le créateur, les jeunes, les aîné(e)s et toutes les personnes présentes. Iel a reconnu les défis coloniaux auxquels font face les peuples autochtones et a partagé des informations sur les lois et les pratiques cries. Tyler a souligné l'importance des relations, de l'amour et de la vérité, et a encouragé tout le monde à raconter et partager la vérité sur leurs proches. Iel a insisté sur l'importance d'inclure les personnes 2ELGBTQI+ et les jeunes.
Jour 1
Point no. 1 à l'ordre du jour : Données sur les FFADA2E+
Ce point à l'ordre du jour portait sur diverses initiatives en matière de données visant à aborder les enjeux liés aux femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées.
Initiatives en matière de données pour éclairer les questions liées aux FFADA2E+
La première présentation a été donnée par Gayatri Jayaraman, directrice générale de la Direction de la statistique juridique, de la diversité et de la population, à Statistique Canada. Gayatri Jayaraman a commencé par parler du projet des normes de données sur les personnes disparues (NDPD), une réponse à l'Appel à la justice 9.5v, qui vise à créer une stratégie nationale normalisée avec l'Association canadienne des chefs de police (ACCP) pour signaler les cas des FFADA2E+. Le projet comprend l'établissement de normes de données, la formation des services policiers, et la recommandation d'une base de données nationale à des fins de recherche et de statistiques. L'initiative a progressé à travers plusieurs phases, incluant des consultations, une revue de la littérature, et des échanges avec des universitaires et des personnes ayant une expérience vécue. Un rapport final de mobilisation résumant ces efforts devrait être publié à l'automne 2025.
Ensuite, les travaux en cours sur le Programme de déclaration uniforme sur la criminalité (DUC) ont été présentés. Le DUC est en cours d'amélioration pour recueillir des données sur les personnes racialisées, permettant une meilleure représentation des groupes autochtones et ethnoculturels. Ce travail est réalisé en collaboration avec l'ACCP et Statistique Canada. Le projet est actuellement en phase 3, axée sur l'élargissement de la mobilisation afin d'inclure les perspectives de personnes ayant une expérience vécue. La phase 4 sera axée sur l'Indice de gravité de la criminalité (IGC), qui vise à offrir une compréhension plus nuancée de la gravité des crimes. Gayatri Jayaraman a souligné que les communautés autochtones ont exprimé des préoccupations quant au risque de stigmatisation associé à cet indice. Pour y remédier, des efforts de sensibilisation ont été entrepris afin de développer divers programmes pour contextualiser les données, incluant des produits de communication, des outils médiatiques et des mécanismes de rapport.
Centre national pour les personnes disparues et restes non identifiés
La présentation suivante a été dirigée par la sergente Lana Prosper, agente responsable par intérim, et la sergente Amy Doan, agente de liaison communautaire, qui ont parlé du Centre national pour les personnes disparues et les restes non identifiés (CNPDRNI). Le Centre national soutient les enquêtes sur les restes non identifiés et gère le site public « Disparues-Canada », qui a été partagé avec les partenaires autochtones à travers le pays pour recueillir leurs commentaires.
Les responsables travaillent à améliorer la collaboration entre les communautés et les forces de l'ordre, car il est essentiel d'assurer une saisie précise des données. Ils ont noté que les enquêteurs omettent parfois de demander si les personnes concernées sont issues de communautés marginalisées ou autochtones. À l'avenir, l'objectif est de corriger cette lacune en encourageant les enquêteurs à poser ces questions importantes. La cohérence dans la saisie des données est cruciale, et une communication efficace entre les communautés et les enquêteurs est nécessaire pour y parvenir. Le site Disparus-Canada est une plateforme nationale et publique qui permet aux gens de soumettre des informations sur des cas de personnes disparues.
Le Centre national gère également le Programme national d'ADN pour les personnes disparues (PNAPD), qui a permis d'identifier plus de 100 personnes depuis sa création en 2018. Les présentatrices ont souligné les exigences législatives strictes entourant l'ADN (par exemple, l'ADN n'est partagé avec aucune base de données criminelle). Des activités de mobilisation communautaire sont en cours pour renforcer la confiance et améliorer la collecte de données. Le Centre national dispose également d'une coordonnatrice de liaison et de mobilisation communautaire, qui fait le lien avec la communauté, supervise les activités de mobilisation, examine les cas historiques et actifs de personnes disparues, et identifie des moyens pour les forces de l'ordre de faire progresser les initiatives de recherche de justice.
Données sur les FFADA2E+ dirigées par les Autochtones
La troisième présentation a été donnée par Dre Shelagh Roxburgh, gestionnaire de la prévention de la violence et des abus chez Pauktuutit Inuit Women of Canada. Shelagh Roxburgh a indiqué que 6 ans après l'Enquête nationale, les taux d'homicide contre les femmes autochtones ont augmenté, et l'inaction policière continue de nourrir la méfiance et les abus. De l'abolition de l'esclavage des Autochtones en 1834 à l'exploitation des pensionnats au Canada, les impacts systémiques du colonialisme sont évidents. Elle a souligné que le discours colonialiste présente souvent les peuples autochtones comme étant plus vulnérables, alors que c'est le colonialisme de peuplement lui-même qui crée cette vulnérabilité. Mettre fin à la violence persistante exige de mettre fin au colonialisme et d'être honnête à propos de l'histoire coloniale.
Shelagh a rappelé que le projet Sœurs d'esprit de l'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) a été le premier effort national visant à compiler une base de données sur les FFADA2E+, mais qu'il existe encore un manque de données sur les expériences des Métis, des Inuit et des personnes de diverses identités de genre. Les données ont montré que les cas entre 2016 et 2019 ont continué au même rythme qu'avant l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Shelagh a souligné que le nombre réel de femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées est inconnu, et que cette violence se poursuit. Elle a exprimé son inquiétude face au fait que ces initiatives sont souvent reléguées au passé, occultant la crise actuelle. Il est nécessaire de comprendre les divers parcours qui mènent à devenir une personne disparue ou assassinée. Le gouvernement du Canada s'est concentré sur la commémoration, mais les chiffres ne sont ni exacts ni à jour, ce qui place les FFADA2E+ dans le passé, à l'image du colonialisme. Les Inuit ont une expérience unique du colonialisme de peuplement, et dans l'ère de l'idéologie néolibérale, les données sont essentielles. Chaque dollar doit être corrélé à une personne, car chaque donnée représente une vie, une histoire, et une expérience vécue par les peuples autochtones. Ces données ne sont pas que des chiffres; elles reflètent les impacts continus des FFADA2E+ et le besoin urgent de collecte de données inclusive et exhaustive.
Elle a également souligné les fonds alloués étaient insuffisants pour répondre à la demande, et que les ressources doivent être confiées aux peuples autochtones pour assurer leur souveraineté en matière de données. Shelagh a exprimé son engagement à continuer de travailler en solidarité avec les partenaires autochtones et les allié(e)s pour tenir le gouvernement du Canada responsable de la mise en œuvre complète des 231 Appels à la justice et de la concrétisation de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).
Discussion en plénière
Après les 3 présentations, une discussion en plénière a eu lieu, invitant les participantes et participants à partager leurs réflexions et poser des questions. Les intervenant(e)s ont souligné l'importance d'inclure les familles et les survivantes dans le processus de collecte de données, de traiter la question de l'itinérance, et de garantir des politiques policières empreintes de compassion. Des préoccupations ont été soulevées concernant l'inclusivité de la collecte de données, notamment dans des régions souvent négligées comme le nord de l'Ontario. Le besoin d'un financement fiable, qui soutient les besoins diversifiés de toutes les communautés autochtones - y compris celles en milieux urbains, ruraux et éloignés - ainsi que de ressources pour combler les lacunes en matière de données et résoudre les cas non élucidés, a également été mentionné. Le besoin de mettre en valeur les rôles de leadership des personnes 2ELGBTQI+ et l'importance de reconnaître la diversité des genres dans la collecte de données ont été abordés, de même que l'importance d'impliquer les peuples autochtones dans la collecte, la diffusion et la communication des données de manière générale.
Point no. 2 de l'ordre du jour : Discussion en petits groupes
Efforts actuels sur le terrain
Après la pause du midi, la réunion s'est poursuivie avec 3 séances simultanées en petits groupes portant sur les efforts actuels sur le terrain. Chaque séance comprenait 1 ou 2 présentations suivies d'une discussion.
Discussion en petits groupes : Mise à jour et discussion sur les Unités de liaison pour l'information à l'intention des familles
Assistance spécialisée pour les familles des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées et des personnes 2ELGBTǪI+ autochtones : Unités de liaison pour l'information à l'intention des familles - Laurie Sargent, sous-ministre adjointe du portfolio des droits et relations autochtones, Justice Canada
Les Unités de liaison pour l'information à l'intention des familles (ULIF) offrent un soutien spécialisé aux familles des FFADA2E+. Créées en 2016 à la suite de consultations avec les communautés et les dirigeant(e)s autochtones à travers le Canada, les ULIF ont été mises en place pour répondre aux nombreux obstacles systémiques et structurels auxquels les familles sont confrontées lorsqu'elles cherchent à obtenir de l'information sur leurs proches disparus ou assassinés. Elles offrent un service coordonné, informé par les traumatismes et adapté aux réalités culturelles. Les ULIF se sont développées pour répondre à la demande croissante de leurs services. Elles jouent un rôle essentiel dans le parcours de guérison des familles en leur assurant un accès à une information exacte et à du soutien. Les ULIF visent à fournir une aide dédiée pour recueillir de l'information, en veillant à ce que les services soient offerts de manière centrée sur les familles et informée par les traumatismes. Les intervenant(e)s des ULIF réunissent divers acteurs - services policiers, professionnel(le)s de la justice criminelle, médecins légistes, services de protection de l'enfance -pour rencontrer les familles, leur fournir l'information recherchée et répondre à leurs questions. Les ULIF facilitent également l'accès aux services de guérison et de soutien, et créent des occasions de changement organisationnel pour mieux appuyer les familles.
Depuis leur création, les ULIF ont soutenu plus de 4 000 membres de familles, et la demande pour leurs services continue de croître. Le Budget 2023 a prévu un financement accru et continu pour les ULIF. Le Réseau national ULIF, dirigé par des responsables de Justice Canada, favorise les partenariats continus, la collaboration intergouvernementale et les occasions d'apprentissage partagé entre tous les membres des ULIF à travers le pays afin d'augmenter leur capacité à soutenir les familles.
Discussion
À la suite de la présentation, les participants ont souligné le rôle essentiel des unités de liaison et d'information pour les familles dans le soutien aux familles des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées et des personnes 2ELGBTQI+. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d'un financement stable, durable et à long terme, ainsi que de services normalisés dans tout le Canada afin de garantir un soutien égal à toutes les familles. Ils ont fait part de leurs expériences personnelles et des défis auxquels ils sont confrontés, tels que les obstacles géographiques et politiques, l'obsolescence des informations et le manque de soutien de la part des forces de l'ordre. La discussion a souligné l'importance des partenariats communautaires, la nécessité de créer des postes permanents afin de réduire le roulement du personnel et la nécessité d'un financement statutaire pour garantir la pérennité des ULIF.
Discussion en petits groupes : Travail des communautés et des gouvernements locaux et régionaux
Cette séance a porté sur les efforts continus des communautés locales, des gouvernements et des forces de l'ordre pour répondre aux enjeux auxquels sont confrontées les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones. Deux présentations ont été données : la première par l'honorable Nahanni Fontaine, ministre des Familles (Manitoba), et Cora Morgan, conseillère spéciale sur les questions relatives aux femmes autochtones (Manitoba); la seconde par Dawn McDonald et Marie Sack du Centre de résilience de l'Association des femmes autochtones de la Nouvelle-Écosse (AFANE).
Mino'Ayaawag Ikwewag : Toutes les femmes se portent bien
La stratégie du Manitoba, sur l'autonomisation et la libération des femmes, des filles et des personnes 2ELGBTQI+ autochtones, intitulée « Mino'Ayaawag Ikwewag » (Toutes les femmes se portent bien), vise à autonomiser et à libérer les femmes, les filles et les personnes deux esprits autochtones. L'approche du Manitoba comprend la nomination d'une conseillère spéciale, Cora Morgan, et la création d'un cercle de matriarches pour orienter le travail du gouvernement. La stratégie repose sur 10 piliers considérés comme essentiels pour protéger les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones : accès à la culture, développement économique, éducation, sécurité alimentaire, services de santé, communautés en santé, logement, justice et sécurité, transport, et leadership matriarcal.
Centre de résilience de l'Association des femmes autochtones de la Nouvelle-Écosse
Dawn McDonald, directrice exécutive, et Marie Sack coordinatrice de l'ULIF, ont présenté le travail de l'Association des femmes autochtones de la Nouvelle-Écosse pour soutenir les femmes autochtones dans la province, ainsi que la croissance de leur organisation au cours des 50 dernières années.
Elles ont attiré l'attention sur le Centre de ressources pour les femmes autochtones Jane Paul à Sydney, en Nouvelle-Écosse, créé pour aider les femmes à échapper à la traite de personnes, l'une des principales causes de la crise des FFADA2E+. Le mandat du centre s'est élargi pour inclure des programmes sur les compétences de vie, des ateliers culturels et linguistiques, du counseling, et du soutien pour les personnes sans-abri ou à risque de le devenir.
Elles ont également mis en lumière le développement de leur Centre de résilience et de leur siège social. Le centre intègre des mesures de sécurité d'urgence, dont un bouton d'appel au 911 situé à l'extérieur du bâtiment. Il offre des services culturels et informés par les traumatismes, incluant des connexions virtuelles pour tous les programmes du centre, notamment une connexion dans la salle familiale permettant de communiquer avec des membres de la famille incarcérés, si nécessaire. Le centre a récemment obtenu un financement pour des rencontres de guérison sur la terre destinées aux FFADA2E+. Le programme a également élargi ses services pour inclure les familles et les survivantes dans le cadre des hommes et les garçons autochtones disparus et assassinés. Un nouvel élément clé du programme des FFADA2E+/ULIF est l'ajout d'un financement d'urgence pour aider les familles à couvrir les frais de transport liés à des enjeux urgents, des recherches, des procédures judiciaires, et des déplacements vers les lieux où leurs proches ont disparu ou ont été retrouvés.
Le soutien continu des programmes provinciaux et fédéraux a rendu le Centre de résilience possible, en plus du soutien et des conseils constants des femmes autochtones de la Nouvelle-Écosse. Chaque projet et ajout au travail du Centre de résilience repose sur les contributions des communautés et des femmes autochtones dans la province.
Discussion
Lors de la discussion, des préoccupations ont été soulevées concernant l'allocation des fonds à la suite de l'Enquête nationale. La ministre Fontaine a répondu en soulignant l'engagement du Manitoba envers la stratégie, avec 20 millions de dollars alloués pour les 4 prochaines années et un fonds de dotation de 16 millions de dollars destiné aux organisations dirigées par des Autochtones.
Discussion en petits groupes : Expériences et initiatives 2ELGBTQI+
Cette séance a porté sur les expériences et les initiatives liées aux personnes 2ELGBTQI+, mettant en lumière les efforts visant à créer des espaces sûrs et inclusifs pour la guérison et à répondre aux besoins spécifiques des communautés de genres diversifiés. Les présentations ont été données par Libby Szarka et Carla Jamison du Centre de traitement Poundmaker's Lodge, ainsi que par John R. Sylliboy de la Wabanaki Two-Spirit Alliance.
Créer des espaces sûrs et inclusifs pour la guérison
Libby Szarka, gestionnaire des projets spéciaux, et Carla Jamison, agente de mobilisation communautaire, ont présenté le travail du Centre de traitement de Poundmaker's Lodge, qui soutient les parcours de rétablissement des patient(e)s autochtones à travers des soins informés par les réalités culturelles et des soutiens inclusifs pour les personnes de genres diversifiés.
Fondé en 1973 à Edmonton, le centre suit des philosophies autochtones et offre divers programmes, dont un programme de 42 jours pour adultes et un programme de 90 jours pour jeunes adultes. Il propose une désintoxication médicale sur place, des services de suivi, des soins par télé-santé, et un soutien assuré par une équipe diversifiée composée d'aîné(e)s, de médecins, de conseillers en toxicomanie et de thérapeutes. Le centre s'est agrandi avec une nouvelle installation à North Battleford et prévoit l'ouverture de nouvelles maisons de rétablissement avec des soutiens culturels.
Le centre offre également un soutien aux individus pour la transition post-traitement, avec des services facilitant le parcours de guérison. Le centre a ouvert plusieurs foyers de rétablissement Cardinal, qui offrent des logements post-traitement pour les hommes et des foyers pour les femmes, ainsi que le Rainbow Lodge, qui soutient spécifiquement les personnes de genres divers grâce à l'accompagnement des aîné(e)s deux esprits.
Le centre vise à renforcer la communauté en abordant les traumatismes, en offrant des soins en toxicomanie et en assurant un logement stable. Il met l'accent sur l'importance de la guérison culturelle pour les hommes afin de protéger leurs communautés et de soutenir les FFADA2E+. Malgré les investissements personnels des parties prenantes, il existe un écart de financement important qui limite la capacité du Centre à offrir un cadre de vie communautaire sûr et sain.
Voies vers les appels à la justice pour les personnes 2ELGBTQQIA+
La Wabanaki Two-Spirit Alliance milite pour l'inclusion et la reconnaissance des personnes deux esprits dans les initiatives plus larges liées aux personnes 2ELGBTQQIA+. John R. Sylliboy, directeur exécutif de l'Alliance, a souligné que les personnes deux esprits ne doivent pas être de simples ajouts dans les discussions, mais doivent être incluses dans les initiatives par des actions concrètes. L'Alliance collabore avec divers secteurs publics, mais souffre d'un manque de financement de base, obligeant de nombreuses personnes deux esprits à travailler tant au sein qu'à l'extérieur de leurs communautés autochtones avec peu de reconnaissance.
La présentation a mis en lumière 4 axes recommandés pour faire progresser les Appels à la justice :
- Culture : Organiser des rencontres régionales et locales deux esprits, activités culturelles, inclusion des jeunes, matriarches et aîné(e)s deux esprits.
- Santé et bien-être : Inclusion des personnes deux esprits et de toutes les personnes de genres diversifiés dans les statistiques, avec des noms dans les langues autochtones. Sans données, le financement est inaccessible, et les fonds sont souvent dirigés vers des organisations 2ELGBTQQIA+ sans intervention deux esprits.
- Sécurité et sûreté: Soutenir la collaboration entre les organisations deux esprits pour obtenir un financement de base.
- Justice : Accroître la prise en compte des questions relatives aux personnes 2ELGBTQQIA+ dans les discussions sur la justice et élaborer des stratégies pour lancer davantage d'initiatives gouvernementales visant à répondre à ces enjeux.
L'Alliance travaille à un plan d'action national, visant un financement consolidé pour établir un plan sur 5 à 10 ans. John a souligné l'importance des rassemblements pour la transmission du savoir et la visibilité culturelle. Le manque de soins affirmant le genre dans la région de l'Atlantique et le besoin d'une stratégie en santé mentale ont été notés. L'Alliance développe également des modules de formation pour les travailleurs de première ligne pour promouvoir les efforts de lutte contre la transphobie, l'homophobie et le racisme.
Discussion
Les participants ont discuté de la nécessité d'une plus grande visibilité et inclusion des personnes deux esprits dans diverses initiatives. Ils ont souligné l'importance d'un financement de base, les défis liés au travail bénévole, et le besoin d'espaces de guérison inclusifs. Des préoccupations ont été soulevées concernant le manque de consultation avec les organisations deux esprits et la nécessité d'une collaboration entre les organisations autochtones et non autochtones.
Point no. 3 de l'ordre du jour : Table ronde
Efforts pour lutter contre la traite des personnes
Ce point à l'ordre du jour comprenait 2 présentations. La première a été donnée par Talal Dakalbab, sous-ministre adjoint principal du secteur de la prévention du crime, Sécurité publique Canada. La seconde a été présentée par Jami Lee, superviseure du programme Gaodwiyanoh (Ils prennent soin des leurs) pour les enfants, les jeunes et la lutte contre la traite de personnes, au sein des services de soutien aux familles victimes d'agressions de Ganohkwasra.
Stratégie nationale de lutte contre la traite des personnes
Talal Dakalbab, sous-ministre adjoint principal du secteur de la prévention du crime, Sécurité publique Canada, a présenté une mise à jour sur les efforts fédéraux visant à lutter contre la traite de personnes, ainsi que sur le renouvellement de la Stratégie nationale de lutte contre la traite de personnes. Lancée en 2019 avec un investissement initial de 57,2 millions de dollars sur 5 ans et un financement continu de 10,3 millions de dollars, la stratégie demeure souple et vise à s'aligner sur les perspectives autochtones. Elle est étroitement liée à d'autres stratégies, telles que le Plan d'action national pour les femmes, les filles et les personnes 2SLGBTQQIA+, et la Stratégie nationale de lutte contre la violence fondée sur le genre. Les piliers clés de la stratégie sont : autonomisation, prévention, protection, poursuites et partenariats.
Le renouvellement de la Stratégie nationale offre une occasion d'améliorer et d'élargir les efforts, en mettant l'accent sur la lutte contre toutes les formes de traite de personnes, y compris le travail forcé; en collaborant plus étroitement avec les groupes touchés de manière disproportionnée; et en explorant l'utilisation de nouvelles technologies pour soutenir les efforts de lutte contre la traite de personnes. Un dialogue continu est essentiel, car la traite à des fins sexuelles, en particulier, demeure un enjeu majeur pour les femmes, les filles et les personnes deux esprits autochtones.
Lors des discussions avec Sécurité publique, les groupes autochtones ont souligné la nécessité d'un engagement significatif, d'un financement durable et de soutiens culturellement sécuritaires.
Initiatives autochtones pour lutter contre la traite de personnes
Les présentatrices du Ganohkwasra Family Assault Support Services (Services de soutien aux familles victimes d'agressions) ont parlé du programme Deyogwadawenye (« Nous voyageons tous ensemble »), un programme de lutte contre la traite de personnes, qui est mis en œuvre à Six Nations de la rivière Grand. L'un des axes principaux est l'éducation, notamment par l'organisation de 3 conférences jeunesse et des activités de sensibilisation communautaire. Elles ont expliqué leur travail de sensibilisation à la traite de personnes, en mettant en lumière les différentes formes que celle-ci peut prendre dans la communauté (surf de canapé, consommation de substances, transport et garde d'enfants). Le Centre Deyogwadawenye offre des programmes éducatifs de groupe bihebdomadaires, du counseling et des soutiens thérapeutiques, tels que des techniques de développement de compétences, de l'art/thérapie par le jeu et des techniques de libération émotionnelle. Elles plaident également pour des évaluations en santé mentale, des solutions de logement, des ordonnances de protection, des audiences de mise en liberté sous caution et des références vers des services de soutien. Deyogwadawenye collabore avec de nombreuses agences et organisations, notamment les services policiers, les services aux victimes et les écoles.
Elles offrent également un hébergement d'urgence aux personnes victimes de traite de personnes. Elles ont souligné que les refuges ne conviennent pas toujours aux personnes vivant cette réalité, et qu'il est nécessaire de disposer d'un espace de transition.
Discussion en plénière
La discussion a mis en lumière plusieurs enjeux et recommandations clés pour lutter contre la traite de personnes. Les participantes ont souligné la nécessité d'une plus grande sensibilisation du public, de services spécialisés tels que les infirmières en médecine légale pour les agressions sexuelles, et d'un financement accru pour les organisations communautaires autochtones. Elles ont insisté sur l'importance des efforts communautaires, de l'implication des communautés et des soutiens culturellement sécuritaires pour les femmes et les filles autochtones. Des préoccupations ont été soulevées concernant la normalisation de la traite de personnes, la nécessité de mesures de prévention dans les communautés rurales, et l'importance de codévelopper des stratégies avec les communautés autochtones. Dans l'ensemble, la discussion a souligné le besoin crucial d'approches globales, durables et culturellement appropriées pour lutter efficacement contre la traite de personnes.
La première journée s'est terminée par une clôture animée par l'aînée Sylvia Maracle et l'aîné David Serkoak.
Jour 2
La deuxième journée a commencé par une ouverture menée par l'aînée Sylvia Maracle et l'aîné David Serkoak.
Point no. 4 de l'ordre du jour : Alerte robe rouge
Dans le cadre de ce point à l'ordre du jour, Sandra Delaronde et Denise Cook, responsables du projet, accompagnées de Kim McPherson et Alaya McIvor, membres de l'équipe d'Alerte robe rouge, ont présenté une mise à jour sur le projet pilote.
Mise à jour sur le projet pilote d'Alerte robe rouge au Manitoba
Le projet pilote d'Alerte robe rouge au Manitoba, dirigé par Giganawenimaanaanig, vise à répondre à la crise des femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées. Giganawenimaanaanig est une organisation de longue date qui a succédé au comité de mise en œuvre des FFADA2E+ du Manitoba. Elle compte un large éventail de membres, notamment des membres de familles, des survivantes, des organisations autochtones urbaines, le Winnipeg Indigenous Friendship Centre, la Southern Chiefs Organization et Manitoba Moon Voices, entre autres.
Le projet pilote a impliqué une vaste mobilisation communautaire, incluant 2 rassemblements provinciaux et 5 séances de mobilisation à Winnipeg. Les efforts de mobilisation ont inclus des exercices de cartographie pour identifier les lieux où des femmes ont disparu, ainsi que des discussions sur des approches communautaires sécuritaires.
La collaboration entre les gouvernements et les communautés a progressé rapidement, avec une représentation de toutes les voix pour orienter la mise en œuvre. Des protocoles cérémoniels sont respectés, et des membres de familles ont assumé des rôles sacrés en tant que porteuses de la trousse d'Alerte robe rouge. Le projet met l'accent sur une action immédiate et un engagement respectueux envers ce travail continu.
Les considérations clés du projet incluent la législation fédérale, provinciale et territoriale, une approche communautaire dirigée par les survivantes, des ressources adéquates et des soutiens globaux. Le transport sécuritaire et des mécanismes d'évaluation appropriés ont également été identifiés comme des priorités.
Le projet est divisé en 3 phases :
- Phase 1 : Planification de la mise en œuvre et co-développement (rapport final prévu pour mars 2025).
- Phase 2 : Mise en œuvre du système d'Alerte robe rouge (2025–2026).
- Phase 3 : Évaluation du système d'Alerte robe rouge (2027), incluant un sondage communautaire.
L'équipe du projet a exprimé sa gratitude pour l'occasion de travailler sur cette initiative importante, portée par la force des ancêtres et des êtres chers, et a lancé un appel aux communautés non autochtones pour qu'elles offrent leur soutien et leur engagement.
Discussion plénière
Les commentaires et questions des participantes ont souligné l'importance de l'Alerte robe rouge. Les participantes ont parlé de la nécessité d'une approche communautaire pour la mise en œuvre de l'Alerte robe rouge, du financement, d'une infrastructure appropriée pour accéder à une alerte, de solutions dirigées par les autochtones et de l'inclusion des personnes 2ELGBTQI+ dans l'élaboration des politiques entourant l'Alerte et sa mise en œuvre.
Une participante a souligné la nécessité de faire évoluer les systèmes d'alerte basés sur des applications pour une accessibilité élargie et une intégration avec les systèmes d'urgence provinciaux et une autre a appelé à une stratégie de sécurité coordonnée impliquant les communautés et les prestataires de services. Le besoin de soutiens globaux et holistiques pour les personnes retrouvées a été mis en avant, afin d'assurer non seulement leur sécurité immédiate, mais aussi un soutien durable pour leur guérison et leur bien-être à long terme, offert avec dignité, compassion et ancré dans les savoirs et les modes d'être autochtones. Le Projet KARE (groupe spécial de la GRC en Alberta), qui se concentre sur la communication concernant les personnes disparues, et une base de données sur les personnes disparues (Réseau canadien de sensibilisation aux réalités autochtones), ont été mis en lumière, avec un rappel de l'importance de s'appuyer sur les initiatives locales existantes. Des préoccupations liées aux infrastructures ont également été soulevées, notamment les lacunes dans le Nord et les problèmes de connectivité le long de la route des larmes, cités comme exemples clés.
Point no. 5 de l'ordre du jour : Discussions plénières sur le leadership
Ce point de l'ordre du jour a débuté par une séance intitulée « Ce que nous avons appris », qui a permis aux ministres et aux dirigeants autochtones de partager leurs points de vue sur les enseignements partagés et les meilleures pratiques, et s'est terminée par une discussion sur l'établissement de partenariats et les prochaines étapes.
Ce que nous avons appris : établir des partenariats et prochaines étapes
Les thèmes clés issus de la discussion sur le leadership sont présentés ci-dessous.
Alerte robe rouge
Hilda Anderson-Pyrz a souligné que la législation fédérale et provinciale doit appuyer l'Alerte robe rouge, qui doit rester dirigée par les communautés, les familles et les survivantes, avec le temps et les ressources nécessaires, ainsi que des soutiens pour les personnes qui ne souhaitent pas être retrouvées pour leur propre sécurité et leur bien-être. L'Alerte robe rouge variera selon les régions, ce qui met en évidence le besoin d'une connectivité complète à l'échelle nationale et de solutions aux problèmes d'infrastructure.
Le ministre Gary Anandasangaree a parlé du projet pilote d'Alerte robe rouge, notant que les efforts visant à faire progresser cette initiative se poursuivront, avec des partenariats envisagés avec d'autres provinces, notamment la Nouvelle-Écosse.
L'honorable Leah Martin, députée provinciale et ministre responsable des affaires L'nu, de la condition féminine et des communications (Nouvelle-Écosse), a exprimé le soutien de la Nouvelle-Écosse à la soumission de l'Association des femmes autochtones de la Nouvelle-Écosse (AFANE) au gouvernement fédéral pour un projet pilote d'Alerte robe rouge. Le gouvernement provincial a réservé des fonds pour le projet pilote, sous réserve de financement fédéral. La province s'est engagée à soutenir l'AFANE dans le cadre du projet pilote et des initiatives connexes, démontrant un engagement par le gouvernement provincial envers ces efforts.
La cheffe Connie Big Eagle, présidente du Conseil des femmes de l'Assemblée des Premières Nations, a souligné que le système d'Alerte robe rouge doit tenir compte des aspects culturels et des préoccupations en matière de sécurité lors de la collecte de données.
Ian Lafrenière, député provincial et ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuits pour le Québec, a exprimé son intérêt pour les pratiques exemplaires et les résultats du projet pilote d'Alerte robe rouge, afin de partager les meilleures pratiques.
Collaboration
Le ministre Ian Lafrenière a partagé l'exemple du projet de loi récemment adopté au Québec sur la sécurité culturelle en santé, qui exige que les établissements de santé collaborent avec les organisations des Premières Nations et des Inuits pour élaborer des mesures telles que des formations obligatoires.
Sierra VanDerMeer, sous-ministre de la condition féminine et de l'équité des genres au gouvernement du Yukon, a souligné la nécessité d'une collaboration, d'une communication et d'un engagement accrus entre les gouvernements, les organisations communautaires, les familles et l'ensemble de l'écosystème, en insistant sur le fait que le succès repose sur le travail collectif. Le défi de l'alignement des ressources pour permettre à toutes et tous de participer a été reconnu, soulevant des questions sur la manière de créer des espaces inclusifs pour le partage et la collaboration. Une communication régionale et nationale continue est essentielle, et bien que la réunion AFPT soit un outil utile, elle ne suffit pas à elle seule. Il est crucial de bâtir des systèmes inclusifs qui fonctionnent et valorisent les personnes sur le terrain, en notant que l'absence d'un seul élément peut freiner les progrès.
Hilda Anderson-Pyrz a également souligné l'importance de la collaboration et de la responsabilité partagée tout au long de la mise en œuvre d'Alerte robe rouge. Des partenariats potentiels, comme celui en discussion avec la Nouvelle-Écosse, s'alignent avec l'objectif à long terme de favoriser des efforts à l'échelle nationale pour déployer cette initiative.
L'Association des femmes autochtones des Territoires du Nord-Ouest a exprimé son admiration pour le travail communautaire et le partage d'information réalisés au Manitoba concernant l'Alerte robe rouge, dans un esprit de collaboration. Elle a également plaidé pour la création d'un groupe de travail national afin de relier les organisations à travers le Canada.
Natan Obed, président de l'Inuit Tapiriit Kanatami, a parlé de la collaboration avec Pauktuutit pour l'élaboration du Plan d'action national inuit sur la disparition et les assassinats de femmes et de filles inuites et de personnes 2ELGBTQQIA+, qui comprend 187 mesures réparties en 14 thèmes. Le plan d'action aborde divers enjeux tels que le logement, l'éducation, l'inuktut, et les soins de santé et de bien-être. Il a noté plusieurs réussites depuis la publication du plan il y a 4 ans, notamment des investissements dans l'inuktut et le logement, le développement de l'Université Inuit Nunangat, et la relation entre l'ITK et la GRC. Toutefois, le président Obed a également souligné que certains domaines, comme les soins de santé, nécessitent encore des actions supplémentaires.
La Fédération des Métis du Manitoba (FMM) a présenté son programme « Ramenez-moi chez moi », une initiative conjointe avec diverses organisations autochtones visant à encourager le partage d'information et les efforts collaboratifs pour faire progresser les enquêtes sur les personnes disparues et les crimes non résolus. Une récompense de 10 000 $ a été annoncée pour toute information menant à des arrestations et des condamnations, avec une reconnaissance du travail de gouvernement à gouvernement entre la FMM et le gouvernement du Canada.
Engagement dirigé par les Autochtones
Chef Tyler George, coprésident des jeunes, a souligné que chaque communauté est unique et a des besoins différents, soulignant l'importance de projets dirigés et portés par les communautés, en particulier dans les communautés rurales qui nécessitent davantage de soutien et d'accès.
La sous-ministre du Yukon, Sierra VanDerMeer, a également insisté sur l'importance d'une mobilisation collaborative pour faire face aux défis intergouvernementaux. Elle a précisé que les solutions doivent être dirigées par les autochtones et profondément ancrées dans la culture, avec une participation de tous les ordres de gouvernement en matière de financement, d'élaboration de politiques et de changements législatifs.
L'honorable ministre Arif Virani, ministre de la Justice et procureur général du Canada, a abordé l'importance du travail dirigé par les autochtones et de la collaboration.
Inclusion des hommes et des garçons
Un membre de famille a mis en lumière les difficultés rencontrées par les hommes autochtones, notamment les dépendances et l'itinérance, et a souligné le besoin de centres de ressources et de soutiens holistiques. Il a insisté sur le fait que la vie des hommes compte et que les soutenir est essentiel pour la protection des femmes. Ce membre de famille a appelé à des approches holistiques pour aider à la guérison des hommes et des femmes, en soulignant l'importance de se soutenir mutuellement et de travailler ensemble. La ministre Leah Martin, (Nouvelle-Écosse), a également reconnu les besoins d'aide pour les hommes et les garçons.
Traite des personnes
Une représentante du Infinity Women's Secretariat, dont le travail est axé sur la traite de personnes et la violence fondée sur le genre, a souligné la nécessité de relations transfrontalières avec les États-Unis pour lutter contre la traite des femmes autochtones.
Une représentante de l'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique a souligné que seulement 8 navires sur 100 entrant dans le port de Vancouver sont inspectés, mettant en évidence le besoin d'augmenter les inspections. Elle a plaidé pour l'implication de représentants autochtones dans les inspections afin de combler cette lacune, suggérant que les autochtones pourraient être formés pour appuyer ces inspections, à l'image des inspections environnementales.
Le ministre Gary Anandasangaree a annoncé que la Dre Jennifer Richardson serait nommée conseillère principale chargée de la lutte contre la traite des personnes. Dre Richardson travaillera en collaboration avec le ministre de la Sécurité publique.
Inclusion des femmes dans les efforts de lutte contre la violence fondée sur le sexe
Annie Bernard Daisley, représentante régionale de l'Assemblée des Premières Nations de la Nouvelle-Écosse, a souligné le rôle crucial des femmes, notant qu'elles se mobilisent dans les moments difficiles, protègent les premières lignes et recherchent des solutions pacifiques aux défis rencontrés dans leurs communautés. Les femmes détiennent un pouvoir significatif au sein de leurs communautés, jouant un rôle essentiel en matière de leadership et de plaidoyer.
Le conseiller spirituel Dumont a rappelé le devoir du Canada de protéger les femmes et les filles autochtones.
Un représentant du Conseil consultatif du Nouveau-Brunswick sur la violence faite aux femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones a indiqué que les femmes autochtones du Nouveau-Brunswick sont confrontées à des taux élevés de violence fondée sur le sexe, mais qu'elles jouent également un rôle crucial par leur leadership, en abordant ces enjeux avec des paroles puissantes et des solutions pacifiques.
Victoria Pruden, présidente du Ralliement national des Métis (RNM) a rendu hommage et mis en valeur le travail des organisations communautaires et régionales qui adressent les FFADA2E+, en soulignant l'importance d'inclure les femmes, les familles et les survivantes pour donner un sens et une responsabilité au forum. Étant donné la forte prévalence de la violence conjugale chez les femmes métisses, il est urgent que les gouvernements agissent pour prioriser et financer les gouvernements métis, et qu'ils investissent davantage dans les ressources de prévention et de sensibilisation. Le RNM a également souligné l'importance de maintenir des alliances contre les menaces mondiales et la déshumanisation des personnes autochtones et de diverses identités de genre, en appelant à un changement systémique et à une intensification des actions pour répondre à ces enjeux.
Approches holistiques et services communautaires intégrés
Leah Gazan, députée de Winnipeg-Centre, a souligné la nécessité de fournir du soutien avant et après qu'une personne soit retrouvée. La députée Gazan a mis en avant l'importance de répondre aux besoins fondamentaux tels que le revenu et le logement afin de permettre aux personnes de vivre dans la dignité et de sortir de la violence. Elle a plaidé pour un revenu de subsistance garanti afin de prévenir la pauvreté et d'assurer des logements sûrs et dignes, des approches holistiques et des logements abordables.
Le chef régional de l'Î.-P.-É. de l'Assemblée des Premières Nations, Wendell LaBobe, a insisté sur le besoin de services de soutien aux familles, en promouvant l'élargissement des services pour permettre aux familles d'accéder à l'information nécessaire pour naviguer dans le système judiciaire. Il est essentiel que ces services dépassent les engagements politiques et soient mis en œuvre par des actions concrètes qui entraînent des changements visibles.
L'honorable Lucy Kuptana, ministre responsable d'Habitation Territoires du Nord-Ouest, ministre responsable de la condition de la femme (Territoires du Nord-Ouest), a indiqué qu'un comité consultatif sur la FFADA est en cours de création aux Territoires du Nord-Ouest, et qu'ils gèrent également le programme des Unités de liaison pour l'information à l'intention des familles (ULIF), qui soutient les femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées.
Sandy Kownak, sous-ministre associée du ministère des Services à la famille du Nunavut, a partagé que le Nunavut met activement en œuvre 18 mesures, incluant plusieurs sous-actions dans le cadre du Plan d'action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, guidé par les principes inuits et soutenu par diverses organisations et gouvernements. Elle a précisé que les programmes sont accessibles à tous les genres et à tous les âges, et a souligné le besoin d'un coordonnateur pour la violence fondée sur le sexe. Des efforts sont également déployés pour répondre aux 46 appels à la justice propres aux Inuits, avec le soutien du gouvernement fédéral, les organisations et les communautés.
L'honorable Nathaniel Erskine-Smith, ministre du Logement, de l'Infrastructure et des Collectivités du Canada, a parlé des efforts fédéraux visant à lutter contre l'itinérance chez les personnes les plus vulnérables. Il a souligné la nécessité de mettre en place des volets spécifiques pour les communautés autochtones, ainsi que sur le besoin de financement durable et à long terme pour le logement autochtone. Il a mentionné un investissement de 560 millions de dollars dans le Fonds canadien de développement des collectivités, une initiative axée sur la lutte contre l'itinérance, avec des volets spécifiques pour les communautés autochtones. Il a également évoqué les 40 milliards $ investis dans la Stratégie nationale sur le logement du Canada, destinés à réduire les besoins en logement des Canadiennes et Canadiens vulnérables, y compris les communautés autochtones confrontées à l'insécurité en matière de logement.
Le ministre Ian Lafrenière a souligné l'importance de la législation en matière de santé au Québec, mettant en évidence l'inclusion d'un volet de formation autochtone, un accent sur des soins de santé culturellement sécuritaires, ainsi que des partenariats obligatoires avec les peuples autochtones.
Odelle Pike, présidente du Newfoundland Aboriginal Women's Network a soulevé la question du racisme systémique au sein des services policiers et de la justice, ainsi que le manque d'accès des victimes à des soutiens adaptés aux traumatismes et à des solutions culturellement pertinentes.
Focus sur les personnes 2ELGBTQI+
Prestin Thotin-Awasis, de la 2 Spirits in Motion Society, a souligné les contradictions des gouvernements provinciaux qui adoptent des lois anti-trans et anti-deux esprits tout en exprimant leur soutien aux initiatives liées aux FFADA2E+, alors que toutes les femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées ont besoin de soutien.
Prestin a expliqué que les personnes deux esprits occupaient traditionnellement des rôles essentiels dans la défense des personnes vulnérables, mais qu'aujourd'hui, une grande partie de leur énergie est consacrée à défendre leur propre existence. Malgré les efforts des nations et des organisations pour valoriser les voix deux esprits, les politiques provinciales nuisibles continuent de compromettre ces avancées. Une véritable approche pangouvernementale doit être responsable et inclusive, en tenant compte des impacts réels de la législation sur les communautés touchées par la violence contre les femmes, les filles et les personnes 2ELGBTQI+ autochtones.
L'honorable Marci Ien, ministre des Femmes et de l'Égalité des genres Canada, a souligné les efforts en cours et la montée de la haine envers la communauté 2ELGBTQI+, avec un engagement du gouvernement à défendre leurs droits. Elle a mis en avant le Plan d'action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe comme outil clé, dont le premier rapport annuel publié en décembre 2024 présente 471 projets dirigés par des autochtones. Plus de 100 organisations reçoivent un soutien pour des programmes de prévention de la violence fondée sur le sexe, guidés par les voix des survivantes, des familles et des communautés. Elle a souligné que la collaboration avec les organisations communautaires est essentielle.
L'aînée Maracle a insisté sur l'importance d'utiliser l'acronyme complet 2ELGBTQI+ pour garantir l'inclusivité, et a recommandé de prendre le temps de l'épeler - les personnes aux deux esprits (et deux esprits), lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queers et intersexuées ainsi que les personnes faisant partie des communautés de la diversité sexuelle et de genre qui utilisent une autre terminologie - et d'avoir des conversations sur l'identité afin que chacun se sente respecté et accueilli.
Souveraineté des données
Le chef régional de l'Île-du-Prince-Édouard, Wendell LaBobe, a souligné l'importance de la souveraineté des données autochtones et de leur collecte pour l'élaboration de politiques efficaces, qui doivent être informées par les traumatismes et dirigées par les communautés, en garantissant que les peuples autochtones aient accès à leurs données et en aient le contrôle. Un financement cohérent et à long terme est nécessaire pour la collecte de données et les services de soutien aux familles, avec des services élargis pour aider les familles à naviguer dans le système judiciaire. Les femmes autochtones et les personnes deux esprits vivant dans des régions rurales et éloignées font face à des vulnérabilités profondes, ce qui rend le logement sécuritaire et le transport essentiels pour lutter contre la traite de personnes, y compris la traite à des fins sexuelles.
Les défenseurs deux esprits, Tyler George et Prestin Thotin-Awasis, ont souligné l'importance de veiller à ce que la collecte de données par les forces de l'ordre inclue des identifiants pour les personnes de genre divers. Au Canada, lorsqu'une personne décède ou est retrouvée sans vie, les registres officiels ne capturent que les identifiants de genre « homme » ou « femme ». Cette approche excluante efface l'existence des personnes 2ELGBTQI+ et empêche la documentation précise de la violence dont elles sont victimes. Pour suivre véritablement la violence envers les personnes de genres divers, il est crucial que les mécanismes de collecte de données respectent leur droit à la visibilité et à la dignité.
Alicia Buckley, de l'Association nationale des centres d'amitié (ANCA), a également parlé des données, en soulignant que la souveraineté des données autochtones est essentielle pour un véritable changement sociétal, et que la collecte de données doit être dirigée par les communautés et culturellement sécuritaire.
La cheffe Connie Big Eagle, présidente du Conseil des femmes de l'Assemblée des Premières Nations, a mis l'accent sur la prise en compte des aspects culturels et des préoccupations en matière de sécurité lors de la collecte de données.
Considérations urbaines
Alicia Buckley, de l'Association nationale des centres d'amitié (ANCA), a également souligné les défis liés à l'approche fondée sur les distinctions, en raison de la complexité des communautés autochtones urbaines. Elle a noté que les personnes autochtones vivant en milieu urbain ne sont souvent pas accueillies aux tables nationales, ce qui rend difficile la prise en compte de leurs voix. Le besoin de soutenir les survivantes et le personnel de première ligne a été mis en avant, en plaidant pour la normalisation du signalement des crimes de manière culturellement sécuritaire. Les centres d'amitié jouent un rôle crucial en offrant du soutien et des ressources, et en fournissant des espaces sécuritaires, même lorsque les communautés ne le sont pas. Étant donné que les centres d'amitié reçoivent un financement limité des gouvernements provinciaux et territoriaux, il est essentiel d'inclure la perspective autochtone urbaine dans l'allocation des fonds, la collecte de données et le partage des vérités et réalités pour inspirer des actions positives et bénéficier aux communautés. Grâce à leur vaste base et à leurs nombreuses ressources, les centres d'amitié jouent plusieurs rôles, notamment en tant que coordonnateurs, chercheurs et organisateurs d'événements. Un appel au changement systémique et à un financement cohérent a été lancé, en soulignant l'importance de protéger les générations futures et de placer les expériences vécues des personnes autochtones au cœur de l'action.
Dans une déclaration écrite adressée au Secrétariat des FFADA, le Groupe d'action autochtone urbain sur les FFADA2E+ a souligné l'urgence d'un financement de base durable et à long terme pour les organisations autochtones urbaines afin d'assurer la stabilité organisationnelle, une rémunération équitable et la rétention du personnel de première ligne. Les restrictions actuelles de financement et les exigences liées à l'exercice financier entravent l'accès aux ressources, causant des retards qui affectent la prestation des programmes. Le financement par projet crée de la concurrence et nuit à la collaboration, laissant les communautés sans soutien lorsque le financement prend fin. Le groupe a souligné l'importance d'investissements substantiels de tous les ordres de gouvernement dans les organisations autochtones, nécessaires pour répondre efficacement à la crise des FFADA2E+.
Une représentante du Bureau des affaires autochtones de la Ville de Toronto a souligné le manque alarmant de soutien pour les femmes, filles et personnes deux esprits autochtones en milieu urbain, les investissements étant insuffisants pour répondre aux enjeux critiques.
Aller de l'avant
Une représentante de l'Association des femmes autochtones des Territoires du Nord-Ouest a proposé la création d'un groupe de travail sur les FFADA2E+ pour aborder les enjeux systémiques. Dans les Territoires du Nord-Ouest, une boîte à outils est en cours d'élaboration pour les familles de personnes disparues ou assassinées. L'association a plaidé pour un groupe de travail national afin de relier les organisations, en soulignant le besoin de financement et de collaboration.
Une représentante de la Société des femmes autochtones du Yukon a incité le gouvernement à se concentrer sur la prévention en poursuivant la mise en œuvre des Appels à la justice. Elle a également partagé des témoignages de liens personnels avec plusieurs cas des FFADA2E+, soulignant l'urgence d'améliorer les efforts gouvernementaux en matière de prévention.
La ministre Fontaine a souligné que lorsque les femmes autochtones et les personnes 2ELGBTQI+ s'épanouissent, c'est toute la communauté qui en bénéficie. Elle a remercié les organisatrices, les hôtes et les participantes. Grâce à la stratégie manitobaine « Mino'Ayaawag Ikwewag » (Toutes les femmes se portent bien), 80 millions $ sur 4 ans seront consacrés à l'autonomisation et à la protection des femmes, filles et personnes deux esprits autochtones, avec un financement allant directement aux familles touchées par les femmes, filles et personnes 2ELGBTQI+ autochtones disparues et assassinées. La ministre Fontaine a réaffirmé que les femmes autochtones méritent plus que le strict minimum et a exhorté tout le monde à protéger les progrès réalisés.
La ministre Martin a indiqué que la Nouvelle-Écosse organisera une cérémonie de guérison traditionnelle en mars 2025 pour les familles des FFADA2E+. Les efforts collaboratifs de la province incluent le soutien à ce rassemblement de guérison, la mise en œuvre de nouvelles stratégies de communication pour favoriser des communautés bienveillantes, et l'encouragement à la réconciliation entre tous les Néo-Écossais. Elle a également exprimé son engagement à travailler avec le peuple Mi'gmaq sur diverses priorités telles que les cérémonies de guérison traditionnelles et la revitalisation linguistique, avec pour objectif de soutenir les voix autochtones.
Des recommandations ont été formulées par des représentantes du Réseau des femmes autochtones de Terre-Neuve pour la création d'un organisme indépendant chargé de surveiller la mise en œuvre des Appels à la justice, ainsi que pour la mise en place de formations antiracistes et culturellement compétentes à l'intention des forces de l'ordre.
Lorna Brown, fondatrice de la Tears to Hope Society, a raconté que sa nièce a disparu à Prince Rupert / le long de la route des larmes, soulignant l'importance de s'attaquer à ces tragédies. Les organisations communautaires, les familles et les survivantes doivent être consultées et avoir une place aux tables qui orientent la mise en œuvre des 231 Appels à la justice. Elle a soulevé la nécessité d'une reddition de comptes financière, étant donné que les programmes ULIF sont sous-financés, et que du soutien est également nécessaire pour les dépendances et les enjeux de santé mentale. Il est crucial d'établir un centre permanent pour la prévention proactive, ainsi que de garantir que chaque province organise des rassemblements pour les familles des FFADA2E+ pour faire le point sur les Appels à la justice. Le processus de Reprendre le pouvoir et la place doit inclure les voix des familles, en soulignant que « Rien sur nous sans nous ».
Dans une déclaration écrite soumise au Secrétariat des FFADA, le Conseil consultatif des femmes autochtones de l'Ontario a indiqué que les politiques, plans et stratégies du gouvernement du Canada doivent prioriser la sécurité des femmes autochtones et les inclure de manière significative dans l'élaboration des réponses législatives, politiques, programmatiques et en matière de services. Des investissements accrus et durables sont nécessaires pour des programmes communautaires culturellement ancrés, afin d'accroître la sécurité et de favoriser la guérison. Leurs recommandations incluent un financement de base durable pour les organisations de femmes autochtones, la transparence et la reddition de comptes sur les investissements dans les projets, et l'inclusion des organisations de femmes autochtones dans le cadre fédéral de nation à nation / fondé sur les distinctions.
Remarques finales
Les remarques finales ont mis en lumière l'importance du temps et de la collaboration.
La sous-ministre du Yukon, Sierra VanDerMeer, a reconnu le temps limité dont disposaient les participantes pour partager leurs histoires et a souligné la nature collaborative du travail accompli jusqu'à présent. Elle a également reconnu l'importance d'apporter des changements avec la participation des familles et a vu une occasion de continuer à travailler ensemble pour créer des espaces propices à ces conversations. Elle a insisté sur l'urgence d'agir et sur la nécessité de garder les familles au cœur de tous les efforts.
Hilda Anderson-Pyrz s'est concentrée sur l'impact de la collaboration, en soulignant que des progrès significatifs exigent un travail collectif, et non en silo. Elle considère la création d'une table dédiée aux FFADA2E+ comme une avancée majeure. Elle a reconnu la diversité des participantes et a rappelé que cet engagement n'est pas à court terme, mais bien un engagement soutenu à long terme, fondé sur la responsabilité, l'unité et la responsabilité partagée.
L'importance de valoriser les matriarches en tant que détentrices de droits inhérents a été soulignée par chef Tyler George. Il a abordé le contexte politique actuel, qui attise la violence et la haine envers les personnes 2ELGBTQI+, et a souligné la nécessité de restaurer les rôles traditionnels des personnes deux esprits au sein des nations. Les besoins divers des victimes de traite de personnes et de traite sexuelle ont également été abordés. Tyler a exprimé sa gratitude pour sa participation à la réunion et pour les commentaires précédents sur la montée des crimes haineux et la nécessité de la décolonisation. Il a salué la création du Conseil national 2ELGBTQI+ par l'Assemblée des Premières Nations, ainsi que les efforts des leaders pour décoloniser. Tyler a plaidé pour un financement de base pour les initiatives autochtones, des actions préventives, des rencontres éducatives, et pour l'inclusion des personnes deux esprits et de genres divers dans tous les efforts de plaidoyer.
Le ministre Gary Anandasangaree a souligné que le travail accompli est le fruit de la participation des personnes autochtones. Bien que des progrès aient été réalisés, il reste encore beaucoup à faire. Il a exprimé sa gratitude envers toutes les personnes ayant contribué à la réunion nationale, y compris les coprésidentes, les aîné(e)s et les membres du personnel. Il a salué le travail des militantes et des organisations qui, depuis des décennies, œuvrent pour améliorer la vie des générations futures, et a insisté sur l'importance du plaidoyer et de l'écoute.
Clôture
Le conseiller spirituel Albert Dumont et la grand-mère Linda Boudreau Semaganis ont clôturé la réunion dans une bonne ambiance, avec une prière finale.